Rentrée : 15 conseils par tranches d'âge pour l'aborder en douceur

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Après plus de huit semaines de vacances, reprendre le chemin de l'école s'anticipe : organisation de la chambre et préparation de son cartable, mais aussi du mental. Alors que la rentrée des classes peut être synonyme d'angoisse pour les enfants et certains parents, Laurence Bufferini et Samuel Auxerre, directeurs d'écoles maternelle et élémentaire, livrent leurs conseils à LCI.fr.

Comment accompagner au mieux son enfant pour que la rentrée ne soit pas synonyme d'angoisse ? Si la plupart des recommandations valent quelle que soit la classe concernée, certaines sont d'autant plus précieuses selon la tranche d'âge de l'écolier ou du futur écolier. Laurence Bufferini, directrice d'une école maternelle dans les Yvelines, et Samuel Auxerre, directeur d'une école élémentaire dans le Puy-de-Dôme, en ont livré quinze à LCI. 

De 2 à 5 ans

Ne pas angoisser (plus que son enfant)

Le conseil de Laurence Bufferini, directrice d'une école maternelle. Il y a des parents qui angoissent tellement à l'idée que leur enfant vive mal la rentrée, notamment en première section de maternelle, qu'ils en arrivent à le stresser. On voit ainsi régulièrement des boules de nerfs et des mamans en larmes arriver le jour de la rentrée. 

Évoquer le jour J

Le conseil de Laurence Bufferini. Quand un enfant a trois ans, deux mois représente une période énorme dans sa vie. A cela, il faut ajouter que les petits n'ont pas la notion du temps, donc ils oublient un peu. C'est la raison pour laquelle, il ne faut pas hésiter au cours des jours qui précèdent sa rentrée, à lui parler de la fin des vacances et de son retour prochain à l'école : le nom de sa maitresse et de ses copains, le déroulé d'une journée type entrecoupée du repas à la cantine... 

Rassurer l'enfant sur l'enseignant

Le conseil de Laurence Bufferini.  Il n'est pas rare d'accueillir le premier jour des enfants déjà complétement angoissés à l'idée que l'enseignant va dire "non !".  Mais dépeindre la maîtresse comme une "affreuse sorcière" conduit à assimiler l'école uniquement à un lieu où il y a des règles : or, il y en a mais pas seulement. C'est aussi et surtout un endroit où l'on apprend des choses, où l'on s'ouvre au monde et où il y a des copains. 



Préparer les pleurs et la vie en communauté

Le conseil de Laurence Bufferini. S'il entre en maternelle, et notamment en première section, il faut le préparer à voir des enfants pleurer, lui expliquer qu'il faudra peut-être aller les consoler et plus largement le sensibiliser aux comportements des autres. 


La particularité de la rentrée en maternelle réside dans le fait que des "petits nombrils du monde" se rendent compte qu'il ne sont pas les seuls "petits nombrils du monde". Chacun est le petit joyau d'une famille qu'on a chouchouté jusque- là et qui se retrouve d'un coup dans une classe de trente enfants avec des règles d'encadrement, de collectivité qu'il ne connait pas ou seulement un peu s'il est allé en crèche.


De 6 à 7 ans

Recaler les horaires de coucher

Le conseil de Laurence Bufferini, directrice d'une école maternelle. L'idéal est de ne pas attendre le dernier moment pour recaler les horaires de coucher de l'enfant parce que c'est peine perdue. Au lieu de faire les dix heures de sommeil de 22h à 9h du matin, il faut essayer au cours des jours qui précédent la rentrée  de le coucher un peu plus tôt pour faire en sorte qu'il soit couché à 20h30 la veille de la rentrée. 

Commencer à réinstaurer des règles

Le conseil de Samuel Auxerre, directeur d'une école élémentaire. Au-delà des heures de coucher, il faut essayer de manière générale de limiter tous les excès de l'été pour arriver le jour de la rentrée à un rythme plus reposé. Cela passe notamment par les heures de repas ou le temps passé devant la télévision. 

Accepter de ne pas avoir le dernier mot en matière de fournitures

Le conseil de Laurence Bufferini. La meilleure des choses à faire est de parvenir par le biais de compromis à donner l'impression à l'enfant qu'il  décide. Ainsi, il faut accepter par exemple d'acheter une trousse ou un cartable que l'on trouve très laids, en ayant à l'esprit que le but est avant tout que l'enfant en ait et qu'il ait envie d'en avoir. Plus largement, l'idée est d'avoir envie d'aller à l'école. 

Parler de soi

Le conseil de Laurence Bufferini. De manière générale, faire des parallélismes aide l'enfant à ne pas se sentir seul à vivre une étape. Cela peut peut être l'occasion pour les parents de partager des souvenirs d'école pour montrer à l'enfant qu'ils sont eux mêmes passés par là plus jeunes. Ces derniers peuvent aussi faire référence à leur vie d'adulte et notamment à leur propre "rentrée" au travail. 

... mais distinguer l'expérience de son enfant de la sienne

Le conseil de Samuel Auxerre. Si l'on a soi-même eu des rapports conflictuels avec l'école étant enfant, mieux vaut absolument  mettre de côté son vécu et son expérience personnelle pour se  concentrer sur celle de son enfant. Cela permettra d'éviter les idées reçues, et sans doute que l'histoire se répète. 



Encourager l'enfant à s'assumer

Le conseil de Laurence Bufferini. Il n'est pas rare lorsqu'on rentre au CP notamment, de voir des enfants angoisser parce qu'ils zozotent, ont des fesses plus rondes que les autres, des "problèmes de pipi" ou encore des taches de rousseur.  Et pour cause : à six ans, les enfants ne se font pas de cadeaux entre eux. Les parents ont tout intérêt à encourager leur enfant à assumer ses différences. 

Prendre rendez-vous chez ophtalmo et ORL

Le conseil de Laurence Bufferini. Avant la rentrée au CP, les enfants qui ne savent pas lire font preuve de stratégies de décryptage énormes dont ne disposent plus les adultes. Cela explique que l'on passe souvent avant six ans au travers de certains problèmes de vue ou d'audition. En anticipant, cela permet de ne pas mettre l'enfant au pied d'un problème monumental les jours qui suivent la rentrée.

De 8 à 11 ans

Ne pas faire le plein de travail avant le jour J

Le conseil de Samuel Auxerre, directeur d'une école élémentaire. D'un point de vue scolaire, il est inutile au cours des quelques jours qui précèdent la rentrée de se mettre travailler : c'est contreproductif. D'une façon générale, mieux vaut éviter d'associer le retour à l'école à un conflit autour de travail scolaire qui viendra de toute façon après la rentrée. En revanche, relire les cahiers de l'année précédente peut-être un bon moyen de réactiver les réflexes en douceur. 

Veiller au moindre changement de comportement

Le conseil de Laurence Bufferini, directrice d'une école maternelle. Etre attentif au comportement de l'enfant (nervosité, cauchemars...) au cours des jours qui précèdent la rentrée permet de déceler d'éventuelles angoisses dont lui-même n'a pas forcément conscience. Dans la majeure partie des cas,  cette angoisse est liée à la rentrée. L'idée est donc de crever l'abcès avant le jour J en privilégiant un moment décalé pour en parler. 



Se rendre au collège avant le jour J pour désacraliser le lieu

Le conseil de Laurence Bufferini. Se rendre au collège avant le jour J à l'occasion d'une balade en famille ou avec des amis peut être un bon moyen de désacraliser cette étape. Mais pour la préparer au mieux, il est judicieux d'également bien rappeler à l'enfant qu'il n'aura dorénavant plus un seul enseignant mais plusieurs. De même, insister sur la différence entre l'école et le collège liée notamment au nombre d'élèves à la charge d'un seul professeur permet de mieux comprendre la nécessité d'être rigoureux. 

Résister à la tentation du premier portable (ou pas)

Le conseil de Samuel Auxerre. La question se pose souvent dès la fin de l'école élémentaire mais relève davantage du "rite social" à l'entrée au collège. A l'école élémentaire, rares sont les règlements intérieurs qui autorisent les téléphones portables dans l'enceinte de l'établissement. Au collège, ils sont souvent admis à partir du moment où ils restent au fond du cartable et éteints donc non visibles.  Aux parents de trancher. 


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