Rentrée scolaire, les 10 commandements du bon parent (10/10)– TV/Tablettes/consoles, les écrans tu géreras

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ZAPPING - Devoirs, sport, loisirs, vie à l’école, écrans… comment mettre votre enfant dans les meilleures dispositions pour cette nouvelle année scolaire. LCI vous donne quelques conseils pour être le "meilleur" parent d’élève possible. Dans ce numéro : la gestion de l'exposition aux écrans, un vrai combat !

Pour Emmanuel, papa de deux garçons de 5 et 8 ans, les jeux sur tablettes sont devenus "un vrai sujet" à la maison. "Ils sont obnubilés par ça, quand on leur demande d'arrêter, c'est un cauchemar", raconte-t-il. "Ça a une vraie influence sur leur humeur". Un sentiment partagé par de nombreux parents : colère, crise d’hystérie, les petits bambins se transforment vite en monstres. Limiter l’accès aux jeux-vidéos et plus largement l’exposition aux écrans est une vraie bataille.


Ce type de réactions est assez classique selon le Pr Brosse, chef du service d’addictologie de l’hôpital de Clermont-Ferrand. "A travers ces jeux, l’enfant soulage ses stress environnementaux mais cela doit évidemment être limité." Il est normal que les enfants se sentent "frustrés", alors charge aux parents de faire comprendre pourquoi il est important de se limiter. "Il faut leur apprendre et les aider à varier leur manière de jouer."

Une opportunité...

Si les écrans ont envahi la société, la maison et donc la vie de nos enfants, il faut garder en tête que cela n'est pas forcément négatif et répréhensible. "Internet est un fabuleux outil de communication", reconnaît le Pr Georges Brousse, psychiatre. A travers les réseaux sociaux, "l'adolescent parle de soi, discute avec ses amis, peut engranger de nombreuses connaissances, cela correspond à une évolution de la société. A nous de réfléchir à comment faire avec." 

... qui comporte des risques

Les écrans, à trop forte dose, ne sont pas bons pour la santé et tout particulièrement chez les tout-petits. "Télé, ordi, tablette, console, les enfants sont multi-sollicités" explique Catherine Pierrat, psychologue pour enfants à Nice. Et les conséquences peuvent être désastreuses : "troubles de la concentration, de sociabilisation, difficultés à exprimer leurs émotions". "Des enfants exposés très tôt peuvent même avoir des problèmes psychomoteurs, ils ne savent pas par exemple tenir un stylo", ajoute-t-elle. 

Une analyse corroborée par le Pr Georges Brousse, psychiatre. "Les problèmes peuvent être de nature addictive, de nature interrelationnelle, avec par exemple un repli sur soi et enfin de nature physique." Devant un écran, on bouge moins et on mange souvent plus. "Les pédiatres ont raison de s’alarmer", notamment pour les plus jeunes qui sont en pleine croissance. "Leurs cerveaux sont en perpétuel développement et ils ont notamment besoin d’agir avec leur environnement et leur entourage pour bien évoluer", explique le psychiatre. Interagir avec ses parents, ses amis, ses professeurs est donc essentiel pour un bon développement cognitif, émotionnel et affectif.


Les plus grands peuvent quant à eux s'isoler et se couper du monde "réel", on les appelle les adolescents "no life", des cas pathologiques où le jeune ne quitte plus sa chambre. Rassurez-vous, ces cas sont très minoritaires. "Leur isolement n'est pas forcément lié à Internet ou aux jeux-vidéo", assure le psychiatre, "mais cela a pu accentuer leur fragilité". Pour cette population particulièrement vulnérable, il "ne faut pas tarder à consulter".

Adapter l’exposition des écrans à l’âge de l’enfant

Dans tous les cas, c'est aux parents de mettre des limites. Le Pr Brosse rappelle la règle des 3/6/9/12 : pas d’écran avant 3 ans, pas de jeux-vidéo avant 6, pas d’internet avant 9 et pas de réseaux sociaux avant 12 ans. Une règle arbitraire mais qui correspond aux grandes étapes de la vie d’un enfant : de l’entrée en maternelle à l’intégration du collège. 

Contrôler sur le plan qualitatif et quantitatif

Surtout, et à tout âge, il faut contrôler combien de temps l’enfant passe devant un écran et ce qu’il regarde. Des dérives, Catherine Pierrat en voit tous les jours. Un enfant de 10 ans est venu dans son cabinet pour des troubles du sommeil. "J’ai découvert qu’il avait la télévision dans sa chambre et qu’il regardait ce qu’il voulait, notamment du catch" raconte-t-elle. 


Gérer le temps passé, Emmanuel s’y attèle : ses enfants n’ont accès aux écrans que le week-end. Une surveillance qu’observent de nombreux parents. Pour les enfants de Sophie, des jumeaux de 9 ans, c’est interdiction de tablette la semaine et 1h par jour le week-end. Au niveau de la télévision, on se limite à un dessin-animé par jour. L’association française de pédiatrie ambulatoire recommande de fixer ce type de règles liés au temps, dès 6 ans. 


Catherine Pierrat et Georges Brousse s’accordent tous deux sur le concept de contrat passé avec l’enfant : discuter, expliquer et définir ensemble certaines règles, sans pour autant leur interdire complètement. Un exemple : le Pr Serge Tisseron estime que, même après 12 ans, les portables et le wifi doivent être éteints la nuit.


De la même façon, il faut veiller aux contenus. Sur les télévisions et les ordinateurs, il est notamment possible de proscrire les images violentes et pornographiques. Les jeux vidéos doivent également être adaptés à l’âge de l’enfant, que ce soit au niveau de la thématique comme du format. "Les jeux en réseau continuent d'évoluer même quand l'enfant est déconnecté, par exemple via des guildes", souligne le Pr Brousse, "il est alors plus difficile de 'décrocher'." L'enfant peut en effet y penser alors même qu'il effectue une autre activité. Ce type de jeu doit donc être réservé aux plus grands.

Proposer d'autres activités

Pendant les temps de "déconnexion", il est conseillé de proposer des activités pour compenser un éventuel "manque". Par exemple, des activités sportives. "Avec tous ces écrans, les enfants sont passifs, il faut leur redonner le goût de l'effort", explique Catherine Pierrat. Le Pr Brousse parle d'"apprentissage de la récompense". A travers Internet, le zapping et les jeux-vidéo, la récompense est immédiate et procure instantanément du plaisir, mais l'enfant doit également passer par des phases où cette quête demande du temps, par exemple : un défi sportif ou intellectuel qui va nécessiter de l'entrainement.

Et donner l'exemple

Cette évolution de la société concerne également les parents. Comment faire comprendre à son enfant qu'il est important de se déconnecter, de passer du temps à faire d'autres activités, si l'on est soi-même rivé à son smartphone ou à sa tablette ? Alors, un effort, le matin, ne consultez pas vos mails avant de dire bonjour à vos bambins, lâchez facebook et instagram quand ils vous récitent leur poésie... Et tout se passera bien. 

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