Retour de l'écotaxe en Nord-Pas-de-Calais-Picardie : Valls dit non

Retour de l'écotaxe en Nord-Pas-de-Calais-Picardie : Valls dit non

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NON, NON ET NON - L'écotaxe, c'est fini et bien fini. La proposition de renaissance de Frédéric Cuvillier a été aussitôt enterrée par le gouvernement.

A peine exhumée, aussitôt ré-enterrée. L'écotaxe, que l'ancien ministre des Transports Frédéric Cuvillier avait déclaré lundi vouloir appliquer pour la future région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, n'aura pas eu plus d'un jour de sursis.

"On a liquidé le dispositif"

Interrogé sur le sujet mardi, Matignon a été on ne peut plus clair sur le sujet : "On a liquidé le dispositif, il n'y a plus de sujet d'écotaxe et il n'y a pas lieu de le faire rebondir." Le député-maire de Boulogne-sur-Mer, qui avait pu compter sur le soutien de Claude Bartolone, tête de liste du PS en Ile-de-France pour les prochaines élections régionales, plusieurs élus locaux nordistes et aussi, un temps, sur la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, appréciera.

Il souhaitait en faire une source de financement supplémentaire, arguant dans Les Echos du fait que "10 à 15% du transport routier de marchandises" transite par la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Le président de l'Assemblée nationale, lui, y avait vu un moyen de financement "pour pouvoir le plus vite possible réussir la modernisation de nos réseaux de transports."

EN SAVOIR + >> Cuvillier relance l'idée de l'écotaxe

Le souvenir cuisant des "Bonnets rouges"

Las, même Ségolène Royal, pourtant bienveillante sur le sujet, a fini par battre en retrait. Invitée ce mercredi matin de France Inter , elle a salué le mouvement imprimé par Manuel Valls : "La décision de ne pas relancer la polémique est une bonne décision. Je ne souhaite pas faire de déclaration supplémentaire sur le sujet". Alors que l'heure est à la grogne parmi les agriculteurs, furieux des prix auxquels leur viande est achetée et de la concurrence européenne qui leur est faite, ajouter des frais supplémentaires dans le transport de marchandises risquerait d'être mal accueilli, à quatre mois des régionales.

D'autant que le gouvernement n'a pas fini de payer le fiasco de l'écotaxe. En octobre 2013, l'annonce de ce dispositif avait mobilisé pendant plusieurs semaines des salariés, petits patrons et artisans furieux, notamment en Bretagne, sous le nom des "Bonnets rouges". Destruction de portiques qui recueillaient la taxe et manifestations monstres avaient eu raison du nouvel impôt. Pour un coût évalué à plus de 800 millions d'euros.

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