Retour en France des djihadistes présumés : comment expliquer un tel raté ?

Retour en France des djihadistes présumés : comment expliquer un tel raté ?
SOCIÉTÉ

COUAC - Trois djihadistes présumés, dont le mari de Souad Merah, sont arrivés sur le sol français sans être arrêtés, alors que le ministère de l'Intérieur avait annoncé leur arrestation... Mercredi matin, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a reconnu "un couac" et un "cafouillage".

On les attendait à Paris. Ils sont arrivés à Marseille. Et la police, censée les cueillir à leur arrivée, n'était pas là. Après l'incroyable imbroglio autour du retour manqué de trois djihadistes français présumés, expulsés de Turquie, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a reconnu "un couac" un "cafouillage", mercredi matin sur France Info, assurant qu'"une solution sera vite trouvée".

Le ministère de l’Intérieur avait reconnu dans un communiqué, mardi soir, ne pas avoir été informé à temps d'un changement de destination du vol par les autorités turques. "La police turque devait aujourd'hui (mardi) procéder à l'expulsion de trois ressortissants français, MM. Imad Jjebali, Gael Maurize et Abdelouahab El Baghdadi, par un vol à destination de Paris en provenance d'Istanbul, écrit le service de presse de Bernard Cazeneuve. Ces trois ressortissants étaient jusqu'alors détenus en Turquie dans un centre de rétention administrative, au titre d'infractions au droit du séjour". Mais le pilote ayant refusé d'embarquer ces passagers sur le vol initialement prévu, "les services turcs ont décidé de les renvoyer en France par un vol à destination de Marseille". Sans en informer préalablement les services français, assure le ministère.

Des lecteurs électronique de passeport en panne à la douane

Un oubli surprenant au vu du profil des trois jeunes français, dont l'un n'est autre que le mari de Souad Merah, la sœur du "tueur au scooter". Un autre est un ami d'enfance de Mohamed Merah. Les trois jeunes hommes, âgés de 27 à 29 ans, se seraient livrés à la police turque après avoir "fui" la Syrie, où ils étaient partis combattre, l'expérience ayant mal tourné. Mais l'histoire ne dit pas comment, une fois arrivés sur le sol français, ces hommes, censés être suivis de près par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ont pu sortir de l'aéroport sans être inquiétés ?

"Ça fait une heure qu'on est en France. On a passé la douane et on a montré nos passeports (...) Si l'on nous dit qu'il faut se rendre à la police, on ira. Mais on ne comprend pas ce qui se passe", a même expliqué l'un d'entre eux au micro de RTL, surpris de ne pas être interpellé. Le ministère de l’Intérieur n'était pas joignable mardi soir pour nous apporter un éclairage sur cette question. Mais BFMTV apporte de son côté un élément de réponse : les lecteurs électroniques de passeport à Marseille ne fonctionnaient pas. Une explication ubuesque, si elle est confirmée, alors que la France a renforcé son niveau de vigilance cette semaine suite aux menaces terroristes proférées par Daech. Le ministre de l’Intérieur avait alors réagi en assurant que "si le risque zéro n'existe pas, (nous) prenons aujourd'hui 100 % de précautions". Ou à peu près...

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