Retraites complémentaires : quels changements en vue pour les salariés du privé ?

Retraites complémentaires : quels changements en vue pour les salariés du privé ?

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RETRAITES - Le patronat et trois syndicats ont validé vendredi l'accord destiné à renflouer les caisses déficitaires des retraites complémentaires Agirc-Arrco. Metronews fait le point sur ce qui attend salariés et futurs retraités.

 De quoi parle-t-on ?
L'accord validé vendredi entre le patronat et la CFE-CGC, la CFDT et la CFTC, vise à assurer l'avenir du régime de retraites complémentaires qui représente environ 25% du montant total des pensions versées aux retraités du secteur privé. Deux caisses, dépendantes des partenaires sociaux - l'Arrco pour les salariés non-cadres et l'Agirc pour les cadres -, assurent la gestion de ce système complémentaire au régime général de la sécurité sociale.

► Quel est le problème ?
Depuis 2009, l'Arrco et l'Agirc vivent sur leurs réserves. En raison de l'évolution démographique et de la crise, les deux organismes ont perçu ces dernières années moins de cotisations qu'elles ont versé de pensions. Comblé jusqu'à présent par les quelque 60 milliards d'euros mis de côté  par les deux organismes, ce déséquilibre budgétaire devrait mettre les comptes de l'Agirc dans le rouge en 2018, puis ceux de l'Arrco en 2025.

EN SAVOIR + >> Le 16 octobre, patronat et syndicats signaient un accord de principe sur le sujet

► Travailler plus pour cotiser plus
A l'instar de la réforme du système général, l'accord prévoit de reporter l'âge de départ en retraite. Toutefois, patronat et syndicats se sont entendus sur l'instauration d'un système de bonus-malus. Concrètement, à partir de 2019, un salarié qui déciderait de prendre sa retraite à 62 ans en ayant cotisé 41,5 ans ne percevrait plus une retraite complémentaire à taux plein, comme actuellement, mais amputée de 10% par an, durant trois ans. A partir de 65 ans, le retraité retrouverait une retraite à taux plein. Pour éviter ce malus, le salarié devra travailler, et donc cotiser une année de plus, soit jusqu'à ses 63 ans.

Dans le cas où le salarié consentirait à des efforts supplémentaires, il bénéficierait, à l'inverse, d'un bonus de 10, 20 et 30% d'augmentation de sa pension de retraite complémentaire selon qu'il prolonge, à partir de 63 ans, son activité d'un, deux ou trois ans, sur la base de 10% la première année, 20% la seconde et 30% la troisième année.

► Quelle perte représente un départ à 62 ans ?
Selon le leader de la CFDT, Jean-Louis Malys, un salarié gagnant aujourd’hui 1800 euros par mois et dont la retraite totale atteint 1300 euros, dont 500 euros de complémentaire, devra faire "un effort de 50 euros par mois pendant au minimum deux ans" avant de retrouver une retraite à taux plein.

► Tous les retraités sont-ils concernés ?
Non. Un tiers des retraités ne sont pas concernés par ce système de bonus-malus lié à l'allongement de la durée de cotisation. Il s'agit des futurs retraités les plus modestes, exonérés de CSG.

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