Rétrospective Polanski : la Cinémathèque accusée de "promouvoir le pire de la culture du viol"

Rétrospective Polanski : la Cinémathèque accusée de "promouvoir le pire de la culture du viol"
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BAD TIMING - La rétrospective de la Cinémathèque française, consacrée à Roman Polanski, suscite la colère de nombreuses associations féministes, qui appellent au rassemblement ce lundi 30 octobre.

Une rétrospective malvenue. C'est ainsi que plusieurs associations féministes perçoivent l'hommage rendu, par la Cinémathèque française, au réalisateur Roman Polanski, accusé de plusieurs agressions sexuelles et de viol. Du 30 octobre au 25 novembre est en effet organisé un retour sur l'oeuvre du cinéaste controversé, alors que l'affaire Weinstein n'en finit plus de secouer le monde du cinéma et de libérer la parole des femmes victimes d'abus sexuels.


Une pétition, lancée par la militante féministe Laure Salmona, recueille à l'heure actuelle près de 26.000 signatures. Et la mobilisation ne s'arrête pas là : un rassemblement est prévu, ce lundi soir à 19h30, devant la Cinémathèque, afin de protester contre cette retrospective au timing particulier. La Barbe, association féministe, déplore ainsi : "Les femmes du monde entier se mobilisent. Chaque jour elles sont de plus en plus nombeuses, à témoigner des crimes commis par les hommes de pouvoir. La Cinémathèque française a, elle, décidé, "comme une évidence", de maintenir? lundi 30 octobre sa soirée de célébration de Roman Polanski." 

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Cinq accusations d'agressions sexuelles et de viol

Même son de cloche du côté de Osez le féminisme, qui voit dans cet hommage le symbole d'une culture du viol toujours bien portante : "Alors que le monde prend conscience de la nécessité de mettre fin à l'impunité des agresseurs, notamment via le cas Harvey Weinstein, la direction de la Cinémathèque Française continue à célébrer, comme si de rien n'était, ceux qui sévissent dans le milieu du cinéma. [...] La Cinémathèque française s'acharne à promouvoir le pire de la culture du viol, dans le choix des cinéastes promus."


En effet, à l'heure actuelle, Roman Polanski est accusé par cinq femmes de faits d'agression sexuelle ou de viol. En 1977, il avait reconnu avoir eu des relations sexuelles avec Samantha Geimer, alors que cette dernière, âgée de 13 ans, était droguée. Dernièrement, c'est l'artiste Marianne Barnard qui l'accuse de l'avoir agressée sexuellement lorsqu'elle avait dix ans, ce que le cinéaste a démenti dans un communiqué. 

Du côté de la Cinémathèque, on n'entend pas se soumettre aux critiques. Et l'institution de rappeler : "D'abord l'essentiel, l'évidence : la rétrospective intégrale des films de Roman Polanski aura bien lieu à la Cinémathèque française, à partir du 30 octobre, en sa présence et avec la participation de nombre de ses collaborateurs [...] Fidèle à ses valeurs et à sa tradition d'indépendance, la Cinémathèque n'entend se substituer à aucune justice. Son rôle de musée du cinéma ne consiste pas à placer qui que ce soit sur un quelconque piédestal moral. Ceux qui nous reprochent cela ne mettent jamais les pieds dans nos salles et ignorent tout de nos missions de conservation et de transmission. Nous ne décernons ni récompenses ni certificats de bonne conduite. Notre ambition est autre : montrer la totalité des oeuvres des cinéastes et les replacer ainsi dans le flux d'une histoire permantente du cinéma."


Les militantes féministes ont par ailleurs interpellé à plusieurs occasions la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, ainsi que la ministre de la Culture, Françoise Nyssen. Mais aucune des deux n'a réagi pour le moment. 

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