Réveillon du Nouvel An : "On va respecter le couvre-feu, mais pas les six personnes"

Réveillon du Nouvel An : "On va respecter le couvre-feu, mais pas les six personnes"

TRANSGRESSEURS - Malgré les consignes, ils feront la fête ce jeudi soir. Des Français prêts à flirter avec les règles pour célébrer le Nouvel An témoignent.

Ils se sont mis en privé sur les réseaux sociaux, et ont choisi Snapchat, TikTok, WhatsApp ou Telegram pour diffuser les infos sur la soirée. D'autres ont choisi des mots codés pour évoquer les événements prévus pour célébrer la nouvelle année. 

Malgré le couvre-feu instauré de 20 heures à 6 heures du matin, et en dépit des appels des autorités à ne pas dépasser le nombre de 6 adultes, ils semblent être nombreux à avoir choisi de faire la fête ce jeudi soir. "On va respecter le couvre-feu, mais pas les six personnes. On sera une vingtaine mais tout le monde va dormir sur place", annonce ainsi Magali, 18 ans, qui avec ses amis va "squatter l'appart" de l'un d'entre eux, dont les "parents sont en province", ces derniers ignorant tout de ce qui se prépare chez eux.

Les gestes barrières oubliés le temps d'une soirée

Idem dans un squat de la capitale, où dès mercredi, les convives ont commencé à arriver de province pour un anniversaire. Devant ce bâtiment du 11e arrondissement, les jeunes se prennent dans les bras et se font la bise, sans masque. "L'insouciance du danger, ça fait peur", s'agace une voisine en les voyant. "Ils vont faire la fête demain, c'est certain. Ils n'ont pourtant pas le droit d'être là, et l'immeuble n'est pas aux normes. Il y a de nombreux dangers, pas seulement le virus", ajoute-t-elle.

Même insouciance face au Covid pour Léon et ses amis. "On a été confinés des mois. On veut en finir avec cette année pourrie. Alors ce soir, on trinque, on danse. En nombre, et en toute discrétion. Pas question de mettre la musique à fond pour se faire repérer. En revanche avec le champagne, les 12 coups de minuit, le dîner arrosé, je ne suis pas sûr que les gestes barrières soient respectés...", prévoit le jeune homme de 35 ans. Lui comme les autres convives ont été priés de se faire tester avant ce grand dîner.... sans garantie que cela constitue un passeport d'immunité. 

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Appart et maisons louées

Vincent, lui, a décidé avec ses amis de fêter le réveillon hors de Paris, chez des connaissances ayant une maison secondaire en Bretagne, mais là encore, ils ne seront pas six. "Nous faisons un dîner simple : douze adultes à table et des enfants qui dineront avant. Moi je mettrai mon masque autant que possible, je sais que d'autres ont dit que c'était impossible. Mais nous ne ferons pas de folie". 

Clémence a de son côté loué une petite maison en province. "On a prévu d'être une trentaine. Chacun participe financièrement et en apportant quelque chose. On espère qu'il n'y aura pas de casse, et pas de tapage. On n'a pas envie de voir les gendarmes débarquer et de se faire verbaliser. Prendre une prune le 31 quand on est à l'intérieur d'un bâtiment privé, c'est chaud quand même..."

Recherche soirée désespérément

D'autres ont choisi d'être "cleans". "Moi j'ai eu le Covid et je sais que ce n'est pas cool. Je n'ai pas envie de voir mes proches finir à l'hôpital ou au fond de leur lit, hyper mal. Alors ce soir, on sera quatre, avec ma copine et un couple d'amis, à un mètre les uns des autres, voilà", déclare Sébastien, 35 ans. D'autres encore tentent de trouver un événement jusqu'à la dernière minute.  "Toujours à la recherche d'une soirée sur Paris", écrit un jeune homme sur Twitter. "Vous faites quoi ce soir, balancer vos plans en mp svp", écrit un autre. 

Les organisateurs d'événements illégaux risquent eux aussi d'être de la partie malgré les sanctions envisagées à leur encontre. "Ils savent que le 31 est lucratif. Le prix  d'une entrée pour une fête peut aller jusqu'à plusieurs centaines d'euros. Alors vous pensez bien que l'amende à 135 euros, ça ne leur fait pas peur", déplore un fonctionnaire de police. 

Outre le PV, les contrevenants pourront finir en garde à vue ou au tribunal. "Les sanctions seront de plus en plus sévères. On s'attend maintenant à beaucoup moins d'indulgence. Le nombre de cas de Covid repart à la hausse, personne n'a envie de voir les hôpitaux saturés, les lieux culturels et sportifs ne jamais rouvrir, et de se voir à nouveau confinés", conclut ce policier.

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