Ringard ou tendance ? Voilà à quoi ressemblent les uniformes qui existent aujourd’hui dans les écoles françaises

Ringard ou tendance ? Voilà à quoi ressemblent les uniformes qui existent aujourd’hui dans les écoles françaises

INSTANT STYLE – A l’exemple de Provins, quelques écoles, souvent privées, ont mis en place des uniformes ou des blouses. Et, question style, ce n’est pas forcément si ringard que ça...

"Magnifaïïïk !!!", aurait pu s’enflammer Christina Cordula, la papesse de la mode de M6, en voyant la tenue retenue par Provins. Un blouson bombers, un joli pull avec un écusson, des airs d’internat anglais et d’enfants bien élevés... Alors que les débats s’enflamment autour du retour ou non de l’uniforme à l’école, l’exemple de Provins, montre que les écoles qui le mettent en place tentent souvent de le réinventer.  De quoi faire oublier cette sortie du socialiste Henri Emmanuelli en 2015 : "A titre personnel, je serais favorable à l'uniforme à l'école, mais j'ai peur de passer pour un ringard". Peut-être bien que l'uniforme n'est plus si ringard, tout au moins du point de vue de la mode. 

LCI est allé regarder ce qui se faisait dans des écoles qui l’ont mis en place. Et, il y a de tout.

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A Provins

A Provins, passé la question de savoir ou non si l’uniforme était lancé dans les écoles de la ville, a surgi un autre débat : un uniforme, oui, mais lequel ? C’est un comité de pilotage qui a planché sur l’épineuse question et a présenté aux parents des esquisses de la tenue retenue. 

"Pour le moment, on partirait sur un polo blanc ou bleu marine", précisait Olivier Lavenka, le maire LR, aux médias locaux. "C’est d’ailleurs la couleur dominante retenue, avec le bleu ciel. Pour l’écusson, dont le visuel reste à définir, il sera commun à toutes les écoles de la ville."  Le visuel a été présenté au public, en même temps que la consultation. Plutôt mignon dans le style enfant sage type Cyrillus, pas de ringardisation à l’horizon. Le package pour chaque enfant sera un ensemble de 10 pièces, polo, sweat, pantalon, pour environ 150 euros., avec des possibilités de paiement en plusieurs fois.

Sobre et simple à Sainte-Marie-des-Ursulines, à Toulouse

A Sainte-Marie des Ursulines, école très privée de Toulouse, l’uniforme a été mis en place à la rentrée 217. Très simple, la tenue consiste en une blouse à mettre sur ses vêtements en maternelle et primaire. 

Au collège, l’uniforme est  constitué d’un polo blanc, d’un pull et/ou sweat bleu marine en collège. Sobre et simple. 

L’établissement met en place des commandes groupées pour optimiser les coûts, et d’après les grilles tarifaires dispensées aux parents, l’article est entre 20 euros pour le polo, et 35 pour le pull. Un package est proposé à 100 euros. 

Uniforme (un peu) revisité

L’institution Jeanne-d’Arc, dans le Val d’Oise, met en avant sur son site la transmission de la foi catholique, et le port de l’uniforme fait partie du projet pédagogique. "Les élèves ont leur uniforme car eux aussi forment un corps, une équipe. Le port de l’uniforme permet en outre de rendre perceptible l’idée qu’il y a un temps et une tenue pour le travail. Le collège est le lieu du travail", écrit l'équipe encadrante sur le site. 

Leurs blouses se veulent moins austères que celles des générations passées : l‘'institution fait appel à Blouse et tabliers, un atelier installé dans le Rhône qui travaille en direct avec les chefs d’établissements, et conçoit des blouses revisitées, dotées de rubans de couleurs, de boutons multicolores, en jean, style kimono, Hansell, Poppins ou Pimprenelle ou Marinière, pour une trentaine d’euros. Et oui, la blouse, ça peut être tendance. 

Dans une interview au Progrès, la créatrice de la marque Karine Peyre de Fabregues, explique, que sans entrer dans le débat, elle estime que la blouse protège les enfants, et atténue les différences vestimentaires. Elle fournit environ une quinzaine d’établissements un peu partout en France. "Ce sont les établissements privés évidemment", détaille-t-elle dans un entretien au Mag2Lyon. "Pour les écoles publiques, il faudrait que les mairies soient philosophiquement convaincues et qu’en plus, elles paient ! Au delà du premier blocage, avec la réforme des rythmes scolaires, les budgets ne sont pas là. Mais je sais que certaines ne seraient pas contre..."

La partie "uniforme scolaire" du site propose aussi un uniforme plutôt revisité... avec des sweats à capuche, des jupes en jean, bref des tenues "adaptées aux envies et aux besoins", à dessiner en partenariat avec les établissements, promet la créatrice. 

Pour les collégiens de l’institution Jeanne-d’Arc, c’est plutôt un dress code en négatif qui se dessine dans le règlement intérieur mis en ligne et intitulé "Une saine éducation". Un maître-mot : "La mode de la rue ne doit pas rentrer dans l’établissement". Pour ça, les élèves ne doivent "pas être habillés tout en noir", ne "pas avoir de pantalons fins, type slim ou jean taille basse", ne "pas porter de tee-shirts". "Nous leur demandons de porter un bas à couleur unie et une chemise avec col ou un polo avec col de couleur unie", dont la couleur change suivant les classe d’âge : bleu clair, bleu roi, rouge et vert foncé. Quant aux jeunes filles, elles doivent être "attachées à leur féminité dans leur tenue vestimentaire", avec une "tenue discrète qui ne soit pas courte" : pas de jupe "trop courtes, leggins, tee-shirts à motif, tee-shirts transparents, moulants, trop décolletés". Certains jours,  - jour de fête religieuse, de remise des bulletins ou autre -, les élèves doivent porter le polo de leur classe, ou une polaire bleue marine marqué d’un écusson.

Onéreux, à Saint-Jean-de-Passy

Un "trousseau" à... 300 euros. Et obligatoire, tant qu'à faire. Même si l'établissement est chic, la facture peut être un petit peu douloureuse. 300 euros, c'est en effet le montant que coûtent les affaires nécessaires pour se plier à l'uniforme à Saint-Jean-de-Passy, comme le raconte le Parisien dans son édition de lundi. L'établissement impose en effet cet uniforme depuis la rentrée 2017, de la 6e à la 2nde. "Les jeux d’apparence l’emportent trop souvent sur la recherche de la simple dignité de la personne, le "toujours plus" du consumérisme sollicite en permanence les enfants en les laissant trop souvent ignorant du chemin de liberté que représente la sobriété", explique notamment l'école sur son site. 

Comment bien nouer sa cravate, quelle couleur pour les chaussures, dans quelles circonstances porter le pull, en quoi consiste le "Grand uniforme " comment ne pas porter le pull sans la chemise, jusqu’à quel âge porter le bermuda, le modèle de jupe qui diffère à partir de la seconde... Pour éviter le faux pas, un livret de 20 pages détaille toutes les précautions à prendre. Et quand un lycée du 16e crée son uniforme, il fait les choses bien : ils ont ainsi été confiés à un atelier parisien, Uniforme prestige, dessinés à Paris. Ce qui peut en partie expliquer le prix.

Mais même dans ce milieu a priori plutôt acquis à la cause, l'installation de l'uniforme a fait tiquer, certains parents estimant que l'établissement prend une tournure "national-catholique". Le prix du trousseau n'avait pas non plus été étranger aux récriminations. 

Style militaire dans les lycées de l'armée

Plus austère encore, dans les  lycées militaires, qui dépendent des armées. Ils sont six en France, et imposent toujours le port d'un uniforme à leurs élèves. Celui-ci ressemble beaucoup à celui de militaires, dans le plus pur style gendarme, comme le montre le règlement intérieur du Prytanée, à la Flèche : pantalon bleu marine, polo bleu ciel manches courtes, pull col rond pour la tenue de travail ;  chemise, cravate et calot pour la tenue de sortie.  Et attention à ne pas s'emmêler : il y a autant de tenues et de subtilités que d'occasion de sorties.

Blanc et noir à Sourdun

En 2012, Sourdun a été le premier internat d’excellence (public) à adopter l’uniforme, à la suite d’un débat dans l’établissement. Le proviseur voulait lutter contre "la tyrannie des marques", et si un code vestimentaire existait avant, le constat a été fait qu’il n’était pas respecté. Pour cet uniforme, les élèves avaient été consultés sur le choix des couleurs, et avaient opté pour la sobriété : noir et blanc. De fait, le dress code retenu a été plutôt simple : jupe ou pantalon noir et chemisier blanc pour les filles, pantalon noir, chemise blanche et cravate pour les garçons. Brodé sur la poitrine, un écusson rappelle le nom de l'internat. Les chaussures sont au choix de chacun, mais les baskets interdites. 

Les élèves reçoivent leur package d’habits l’été avant la rentrée. Les garçons ont droit à deux pantalons, quatre chemises, deux pulls, une cravate et un blazer, pour un coût de 270 euros, dont 80 euros pris en charge par les familles, le reste par l'établissement.

Prestigieux à Tersac

L’école de Tersac, un "internat privé de prestige" située près de Bordeaux, souvent pris en exemple dans les médias dès que sont évoquées la discipline liée à l’excellence, mise sur le style anglais : "Porter les couleurs de votre école fait de vous ses ambassadeurs : Soyez-en fiers", vante l’école sur son site, à côté d’un fringant jeune homme, portant la cravate club ambiance Harry Potter à l’école des sorciers, et veston à écusson. So british. 

"Le port de l’uniforme fait corps depuis 1996 avec notre projet pédagogique : il incarne les valeurs que nous défendons", rappelle l'école. "Peu d’élèves auront l’occasion de porter un uniforme au cours de leur scolarité, c’est la marque de distinction des écoles de tradition." 

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