Rixes entre bandes : 250 affrontements en deux ans, Paris cherche une stratégie

SOCIÉTÉ

AFFRONTEMENTS - Depuis 2016, les rixes entre bandes rivales, souvent composées de jeunes gens, sont en forte augmentation à Paris, avec notamment 250 affrontements enregistrés en deux ans. En collaboration avec la préfecture de police et le rectorat de l'académie de Paris, la capitale entend prendre des mesures pour lutter contre ce phénomène grandissant.

Ce mercredi, des états généraux sur le phénomène des rixes entre bandes de jeunes, grandissant ces derniers mois à Paris, ont été lancés par le procureur de la République François Molins, le préfet de police Michel Delpuech, le recteur d'académie de Paris Gilles Pécout et la maire de Paris Anne Hidalgo. Pour lutter contre les rixes, l'ensemble de ces institutions veulent impliquer le monde associatif et éducatf, les services sociaux, les éducateurs de rue et les familles.

Pour Colombe Brossel, adjointe d'Anne Hidalgo chargée des questions de sécurité, l'objectif de ces états généraux est de présenter début 2019 une "stratégie parisienne de prévention des rixes". Depuis maintenant deux ans, les affrontements entre bandes dans l'espace public connaît en effet une forte augmentation dans la capitale. Ils ont notamment causé la mort de sept jeunes, dont quatre en 2017.

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250 rixes enregistrées depuis 2016

Selon le procureur François Molins, ce phénomène touche au moins une douzaine d'arrondissements parisiens. "Il y avait eu une situation relativement grave au début des années 2010, ça s'était calmé, puis c'est reparti en 2016", a expliqué le magistrat aux journalistes présents. "Le phénomène est extrêmement complexe, a-t-il poursuivi. Je ne l'explique pas. Pour moi, on est totalement dans l'irrationnel (...) On parle de bandes mais ce sont plus des logiques de territoires, en réalité."

"Le nombre de rixes augmente. On en a dénombré, depuis qu'on a commencé à regarder le phénomène début 2016, plus de 250", appuie Colombe Brossel. "Ces rixes concernent tout Paris et des adolescents de plus en plus jeunes, avec une place importante pour des ados qui ont entre 13 et 15 ans. On peut avoir des rixes entre des groupes de cinq ados comme on peut avoir des rixes entre des groupes de 50, 60, voire 80 jeunes gens dans l'espace public", ajoute-t-elle.

150 jeunes identifiés par les services de police

En tout, 150 jeunes, principalement des mineurs, ont été identifiés par les services de police depuis début 2016. "On suit aujourd'hui 130 cas individuels de jeunes avec les services sociaux", indique François Molins. Cette hausse significative des rixes pourrait s'expliquer, complète Colombre Brossel, par le rôle prépondérant des réseaux sociaux, notamment dans la préparation et l'organisation des rassemblements.

Des premières mesures ont été prises durant cette réunion, notamment celle de signaler aux services sociaux tout affrontement, en précisant les noms de tous les participants identifiés, auteurs ou victimes, pour permettre aux services sociaux "d'intervenir et d'aider notamment des parents souvent dépassés à restaurer leur autorité", a expliqué Molins.

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