Rythmes scolaires : Benoît Hamon est-il en train de tuer la réforme ?

Rythmes scolaires : Benoît Hamon est-il en train de tuer la réforme ?

DirectLCI
EDUCATION - Quatre mois avant sa généralisation à toutes les écoles, la réforme des rythmes va faire l'objet d'un nouveau décret pour faciliter sa mise en œuvre. Le nouveau ministre de l'Education Benoît Hamon promet des "ajustements" pour une minorité de communes en difficulté. Mais certains redoutent qu'elle ne soit progressivement vidée de son sens.

Il refuse d'entendre parler de "détricotage", préférant le terme plus doux d'"assouplissement". Le nouveau ministre de l'Education nationale, Benoît Hamon, propose un nouveau décret sur les rythmes scolaires, réforme emblématique de son prédécesseur, Vincent Peillon. Même si ce texte a reçu ce lundi un avis consultatif défavorable de la part du Conseil supérieur de l'Education (31 voix contre, 27 abstentions, 3 voix pour), il devrait être publié au journal officiel en fin de semaine. L’objectif : calmer la fronde de ces maires de droite qui refusent toujours la mise en œuvre de la réforme, sans trahir l'"esprit" du texte de son prédécesseur. Le contrat est-il rempli ? Rien n'est moins sûr.

Sur l'"esprit" du texte, d'abord. La précédente mouture de la réforme prévoyait de faire travailler les enfants les cinq matins de la semaine, mais de raccourcir leurs après-midi en classe. Et ainsi de libérer des tranches de 45 minutes par jour pour des activités périscolaires, étalées dans la semaine. Une contrainte jugée trop difficile par les mairies. Mais Vincent Peillon s'était toujours obstinément refusé à toute concession. Car c'était bien un des principes fondateurs de sa réforme : les spécialistes recommandaient des activités scolaires regroupées le matin, lorsque les enfants sont le plus concentrés, et des activités plus légères l'après-midi.

Une brèche dans le système Peillon ?

Une mesure balayée par la circulaire de Benoît Hamon. Certes, le socle des cinq matinées d'école reste obligatoire pour les élèves. Mais le ministre laissera la possibilité, pour les communes réfractaires, de regrouper les activités périscolaires sur une seule demi-journée. Les après-midi retrouveront ainsi leur longueur initial.

En théorie, cette dérogation est prévue pour les 6% des communes françaises qui n'ont pas appliqué la réforme, et qui ne sont pas prêtes pour la rentrée 2014. Un moyen de les faire rentrer dans le rang une bonne fois pour toutes. "Mon objectif, c'est de réussir la réforme, pas de dire 'je fais une réforme, je fais une réforme' et constater que sur le terrain elle n'entre pas en vigueur", s'est justifié Benoît Hamon. Son prédécesseur appréciera.

Reste à savoir si ces "ajustements" auront l'effet escompté. L'encre n'a pas encore séché sur le projet de décret que déjà, les premières voix s'élèvent. "Les enfants sont les grand oubliés avec la possibilité de revenir à 6 heures (de classe dans une même journée, ndlr)", critique ainsi Paul Raoult. Pour le président de la FCPE, première fédération des parents d'élèves, plutôt que de boucler la mise en œuvre de la réforme de son prédécesseur, la circulaire Hamon risque au contraire d'ouvrir une brèche : "Un certain nombre de maires nous ont signalé qu'ils avaient envie de revoir leur proposition, assure-t-il, redoutant que ce système dérogatoire ne finisse "très vite par s'appliquer à tout le monde".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter