Rythmes scolaires : votre enfant va-t-il repasser à la semaine de quatre jours ? On fait le point en quatre questions

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ÉCLAIRAGE - Emmanuel Macron souhaite donner la possibilité aux communes qui le souhaitent de revenir à la semaine de quatre jours dans les écoles, et ce dès la rentrée prochaine. Comment ça marche ? Jusqu'à quand les communes peuvent-elles en faire la demande ? LCI fait le point.

Le dossier sensible des rythmes scolaires est rouvert. Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a précisé mardi les modalités de retour à la semaine de quatre jours pour les écoles primaires qui le souhaitent. Un changement qui pourrait intervenir dès la rentrée prochaine avant de s'amplifier l'année suivante. 


Sans abroger la semaine de 4,5 jours réinstaurée en 2014, le projet de décret, qui devrait être publié dans les prochaines semaines, autorise ainsi de nouvelles dérogations. Le Conseil supérieur de l'Education (CSE) - composé d'enseignants, de parents d'élèves ou de membres des collectivités territoriales - ont voté majoritairement contre ce projet. Si leur avis est simplement consultatif, il n'en demeure pas moins symbolique. Un rapport du groupe du travail du Sénat recommande également de ne pas revenir à cette semaine de quatre jours, et ce malgré les défauts de la réforme, "improvisée et incomplète". 


Plusieurs mairies ont d'ores et déjà annoncé l'arrêt de l'école le mercredi dès septembre prochain. Mais les communes n'ont pas toute liberté pour imposer leur choix. Quelle est la démarche à suivre ? Qui a le dernier mot ? Votre ville sera-t-elle concernée ? Eclairage en quatre questions.

Est-ce que c'est obligatoire ?

Ce n'est en aucun cas obligatoire. Selon le ministre, interrogé à ce sujet sur Europe 1 mardi dernier, "le but n'est pas de revenir sur ce dossier-là. Il est de dire que des gens sont aujourd'hui insatisfaits, localement (...)" et de leur permettre "d'avoir le choix entre différentes formules". 


Contacté par LCI, le cabinet du ministre confirme que ce n'est pas une "injonction, mais bien une possibilité". "Les municipalités qui souhaitent rester dans l'organisation actuelle sont tout à fait autorisées à le faire. Il y aura des communes ou l'ancien système demeurera. C'est la philosophie générale de la démarche."

Comment ça marche ?

Revenir à la semaine de quatre jours n'est cependant pas une simple formalité. "Un consensus entre trois protagonistes est nécessaire : la commune, les conseils d’école et l’inspecteur académique", indique le cabinet du ministre. La demande se déroule en plusieurs étapes :


1- Le changement doit d'abord être validé lors d'un conseil d'école. Lorsqu'il y a plusieurs écoles dans une commune, la majorité est nécessaire pour que la proposition puisse être soumise à la commune.


2- La commune doit, elle aussi, valider la proposition, en accord avec le ou les conseil(s) d'école(s).Si un consensus est trouvé, c'est elle qui, forte d'au moins la moitié des conseils d'école de la commune, est chargée de soumettre la demande à l'inspecteur d'académie.


3- La demande arrive enfin sur le bureau de l'inspecteur d'académie - le représentant de l'Éducation nationale - qui donne, ou pas, son feu vert". S'il y a accord, "avec des activités périscolaires de qualité, alors on pourra rentrer dans ce dispositif", a précisé le ministre au micro d'Europe 1.

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Jusqu'à quand les communes peuvent-elles faire la demande pour une application dès la rentrée 2017 ?

Le timing est serré pour les communes qui souhaitent la mise en place de la semaine de quatre jours dès la rentrée 2017. En effet, pour faire une demande auprès de l'inspecteur d'académie, un consensus est nécessaire entre les conseils d'école et la commune. Or, ces derniers ne peuvent être réunis que jusqu'à la fin de l'année scolaire, soit le 8 juillet prochain.


L'inspecteur d'académie est ensuite décisionnaire, mais il devrait prendre une décision rapidement. "Il n'y aura pas de réorganisation au 15 août pour la rentrée 2017, rassure-t-on au cabinet de Jean-Michel Blanquer. Dans l'intérêt des élèves, des parents ou du corps enseignant, on ne peut pas lancer une réorganisation aussi tard. L'idée n'est pas de déstabiliser maintenant toute la rentrée 2017".

Quelles sont les communes concernées qui souhaitent repasser à 4 jours ?

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a d'ores et déjà annoncé un retour à la semaine de quatre jours dans les écoles de sa ville pour la rentrée 2017. D'autres communes telles que Janvry (Essonne) ou Alès (Cévennes) souhaitent elles aussi changer de rythme dans trois mois.


Certaines villes envisagent de lancer des tests dans certaines écoles. "A Montpellier, il a été décidé de faire des tests en accord avec l’inspecteur académique sur les écoles qui étaient demandeuses", nous assure le cabinet du ministre de l'Education.


Mais "Paris, Marseille et Lyon, et la plupart des grandes villes de France vont garder la même organisation" pour la rentrée prochaine, a affirmé le ministre de l'Éducation. La municipalité de Jean-Claude Gaudin pourrait toutefois changer de système à la rentrée 2018.

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