Saint-Denis : des parents en colère envahissent l'école de la Légion d'honneur

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EDUCATION - Une centaine de personnes a envahi les pelouses de l'école, à l'appel d'un collectif de parents. L'institution, qui accueille des lycéennes descendantes de médaillés, est richement dotée. Contrairement à de nombreux établissements de Seine-Saint-Denis.

Ils se sont attaqués à un symbole, selon eux, des inégalités scolaires. En colère, des parents d'élèves de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ont envahi samedi pendant quelques heures le parc de la maison d'éducation de la Légion d'honneur, richement dotée et voisine d'établissements déshérités. L'opération a été menée par le Ministère des bonnets d'âne, un regroupement de parents du 93, rapporte Le Parisien .

"On veut la même école pour tout le monde"

"C'est le symbole des inégalités sur notre territoire, alors que nos enfants sont en souffrance et ont des moyens misérables", a expliqué à l'AFP Mounir Othman, porte-parole du collectif, alors que parents et enseignants du département dénoncent régulièrement un manque de moyens et une pénurie de professeurs. "On veut la même école pour tout le monde", a-t-il poursuivi.  Selon les Bonnets d'âne centaine de personnes étaient présentes pour fouler les pelouses de la prestigieuse institution. La préfecture en a elle dénombré "environ 60", qui ont "forcé le portail" et ont quitté les lieux vers 13h30.

L'école de la Légion d'honneur est une survivance napoléonienne. Cet établissement public situé dans de somptueux locaux - accolés à la basilique de la cathédrale Saint-Denis , nécropole des rois de France - accueille des lycéennes descendantes de médaillés de la Légion d'honneur, ou de personnes décorées par l'armée ou l'ordre du mérite, selon son site internet . Il a pour ambition officielle "de former des jeunes filles bien dans leur époque et de les préparer à leur vie future dans le respect des valeurs morales de l'institution".

"Privilégier le dialogue plutôt que la force"

Mais si l'on en croit les propos recueillis par Le Parisien, les Bonnets d'âne n'ont pas su s'attirer la sympathie au sein de l'école. "Nous sommes conscients des inégalités mais il faut privilégier le dialogue plutôt que la force", a ainsi dénoncé une pensionnaire. "Ils ne le savent peut-être pas mais l’école dépend du ministère de la Justice et non de l’Education nationale", a de son côté pointé du doigt une ancienne élève.

L'Education nationale a tenté de répondre aux difficultés des établissements de Seine-Saint-Denis en lançant fin 2014 un plan spécifique pour la Seine-Saint-Denis, comprenant un recrutement exceptionnel de professeurs. Le département est par ailleurs l'un de ceux qui bénéficient au premier chef des dispositifs de l'éducation prioritaire, avec les 3/5 de ses collèges classés REP ou REP+.

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