L'église de Saint-Etienne-du-Rouvray a été réparée

RELIGION - Deux mois après l’assassinat du prêtre Jacques Hamel, l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray se prépare à une procession qui partira dimanche 2 octobre du presbytère. Après cela, un rituel bien spécifique de l’Eglise devra avoir lieu : la réparation.

Laver la profanation commise en un lieu. Avant de rouvrir ses portes aux fidèles ce 2 octobre, deux mois après l’assassinat en son sein du père Jacques Hamel, l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray a suivi un rituel cathartique dit de la réparation. Un rituel dont la procédure est très encadrée. "Le rite consiste à laver l’église en l’aspergeant d’eau bénite", indique ainsi l’archevêque de Rouen, Monseigneur Dominique Lebrun, à l’AFP. 

Sur son site internet, le diocèse de Meaux, en Seine-et-Marne, explique que la réparation a lieu généralement "quand le chœur d’une église est profané, qu’un sacrilège soit commis sur le Saint-Sacrement ou que le sang y coule". Lui y avait eu recours en janvier dernier après un incendie criminel, une profanation et plusieurs actes de vandalisme. "Les délits perpétrés dans une église blessent toute la communauté catholique. Il n’est pas possible de célébrer un culte dans une église profanée tant que l’injure faite au lieu n’a pas été réparée", souligne le diocèse. 

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Une cérémonie à l’eau bénite

Un rituel parfaitement adapté à la situation de l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, dans laquelle, le 26 juillet dernier, le prêtre Jacques Hamel avait été égorgé par deux terroristes islamistes radicalisés. Le code du droit canon précisant que le rite de la réparation se pratique "lorsqu’une action ‘gravement injurieuse’ est commise dans un lieu sacré et que les fidèles y voient matière à ‘scandale’". Ainsi, le rituel sera réalisé après le départ à 15h30 d’une procession depuis le presbytère jusqu’à l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Deux prises de parole seront par la suite organisées devant le porche de l’établissement, à la suite de quoi fidèles et religieux pourront enfin pénétrer dans l’église. L’archevêque bénira ensuite de l’eau avec laquelle il aspergera l’autel, les murs, mais aussi les fidèles.

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"Réparer ce qui a été défait"

Ainsi, le rite vise à "réparer" les profanations commises contre les objets cultuels par les deux terroristes djihadistes Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean. Outre l’assassinat du père Hamel, les deux hommes s’étaient acharnés à détruire l’autel de l’église par des dizaines de coups de couteau. En signe de pénitence, l’autel a été dépouillé et tout signe servant d’ordinaire à exprimer la joie (comme les fleurs) avaient été retirés. Les deux terroristes avaient également arraché une croix scellée dans un mur, avaient renversé le grand cierge de Pâques, et retiré son chapelet des mains d’une Vierge de Fatima. Aussi, conformément à ce qu'avait précisé Mgr Lebrun, l’Eglise a aussi "réparé ce qui a été défait, en remplaçant la croix, en bénissant le cierge de la résurrection, en remplaçant un chapelet dans les mains de la Vierge Marie". En outre, rite de pénitence oblige, les personnels religieux, évêque, prêtres et autres diacres étaient vêtus de violet. 

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La messe célébrée ce dimanche 2 octobre sera par aileurs différente d’une messe traditionnelle. "Ce qui peut paraître plus curieux, c’est que nous allons demander pardon", indique ainsi l’archevêque de Rouen. "Jésus, qui n’a jamais péché, a demandé la miséricorde pour tous les hommes pécheurs". Mgr Dominique Lebrun présidera la totalité de la cérémonie, une célébration cathartique en plusieurs étapes : "La procession, l’ouverture de la porte, les textes de la Bible, les prières, l’Eucharistie avec la communion", précise-t-il. "Toutes sont orientées vers la demande de pardon, la réconciliation et la paix."

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