"Papy, tu filmes" : le terrifiant récit des rescapés de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

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Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

TÉMOIGNAGES - Deux mois après l'effroyable assassinat du père Jacques Hamel par des partisans du groupe Etat islamique, dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), les rescapés témoignent. Dans un entretien accordé à "Famille Chrétienne", Soeur Danielle et le couple d'octogénaires présent à la messe ce jour-là, racontent leur confrontation avec les terroristes.

Il est 9h30 lorsque deux terroristes se revendiquant de Daech interrompent la célébration eucharistique du matin à Saint-Etienne-du-Rouvray, le 26 juillet. Y participent trois religieuses et un couple, Guy et Janine Coponet. Armés d’armes blanches, les djihadistes égorgent le père Jacques Hamel, 86 ans, et tentent de tuer Guy Coponet. Deux mois après, les trois rescapés témoignent pour la première fois à visage découvert. Non sans émotion, ils reviennent dans Famille Chrétienne sur cet effroyable attentat. 

Guy Coponet est un miraculé. Ancien ouvrier de 87 ans, il est resté 45 minutes baignant dans son sang, faisant le mort, après avoir été poignardé à trois reprises et traîné en bas des marches de l’autel. "L’urgentiste qui m’a soigné m’a dit : 'Il y avait une main divine sur vous, car aucun des coups n’a touché un organe vital'". Avant de l’attaquer, les terroristes le forcent à filmer l’exécution du père Hamel. "Ils m’ont attrapé par le 'col bach', m’ont mis une caméra dans les mains et m’ont dit : 'Papy, tu filmes'. Ils venaient même vérifier la qualité des images et constater que je ne tremblais pas trop. J’ai dû filmer l’assassinat de mon ami le Père Jacques ! Je ne m’en remets pas", admet-il. 

J’étais sous le choc, terrifiée- Janine Coponet

Pourtant, sur le moment, le vieillard tente de raisonner les tueurs et leur demande s’ils ont des enfants. "J’ai ajouté : 'Pense à tes parents, tu es sur une fausse route, tu vas les tuer de chagrin'". Mais les terroristes sont déterminés. L’un d’eux lui enfonce une lame dans le corps. Il prie alors "le bienheureux Charles de Foucauld, lui aussi mort par une main musulmane dans le désert". 

Janine elle, pense avoir perdu son mari. "J’étais sous le choc, terrifiée". Elle demande l’autorisation de s’asseoir. L’un des assaillants lui répond poliment : "Oui, asseyez-vous Madame". "À ce moment-là Sœur Hélène, qui était épuisée elle aussi, lui demande sa canne restée à sa place. Kermiche se déplace, prend la canne et la lui tend", raconte Janine Coponet. La cloche sonne à 10h30, les terroristes poussent leurs otages dehors, crient "Allah akbar"  en sortant à leur tour et meurent sur les balles des policiers. "C’est un suicide. Ils voulaient mourir. J’ai hâte de pouvoir leur demander au Ciel : 'Pourquoi, tout cela ?' Afin d’essayer de comprendre", confie Sœur Danielle. Et le couple de poursuivre : "On arrive juste à dire : 'Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font'".  

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