Saint-Ouen : le bidonville rom a été démantelé vendredi matin

Le bidonville de Saint-Ouen en 2008
SOCIÉTÉ

PRÉCARITÉ - Le bidonville de la rue Ardoin à Saint-Ouen, où vivaient entre 200 et 300 personnes, dont des enfants scolarisés depuis peu dans une école de la commune, a été démantelé ce vendredi 22 octobre aux aurores. Selon la préfecture, interrogée par LCI, l'expulsion s'est "très bien déroulée".

Sa fin n'était plus qu'une question de temps. Selon nos informations, le bidonville de la rue Ardoin à Saint-Ouen, où vivaient entre 200 et 300 personnes selon l'association La voix des roms, dont une soixantaine d'enfants, a été démantelé ce vendredi 21 octobre aux environs de 7h du matin. La préfecture de Seine-Saint-Denis a affirmé que l'expulsion s'était "très bien déroulée". "Il restait à peine 200 personnes, alors qu'on en annonçait 600. Et elles étaient déjà dans leur camionnette, prêtes à partir", a déclaré la préfecture à LCI.

Ce démantèlement - qui avait été demandé une première fois par la mairie en mai avant que la justice administrative n'apporte un délai jusqu'au 14 octobre - inquiète les associations de défense des personnes roms. "La destruction de ce bidonville est un symptôme supplémentaire de l’incapacité de l’État et des villes à mettre en œuvre une politique coordonnée en matière de résorption des bidonvilles", dénonçait La voix des roms, avant même l'opération. 

Selon la préfecture de Seine-Saint-Denis, des solutions d'hébergement ont été proposées à "plusieurs ménages" à la suite d'un diagnostic social réalisé entre les mois de juillet et de septembre. "Les familles n'ayant pas souhaité s'inscrire dans cette démarche peuvent néanmoins solliciter le dispositif d'hébergement d'urgence (115)", précise la préfecture.

Plusieurs enfants scolarisés dans la commune

Le maire de Saint-Ouen avait fait parler de ce campement le 14 septembre dernier, quand il avait refusé de scolariser plusieurs enfants roms y vivant. Il avait alors assumé sa décision, arguant que "ces enfants ne disposaient pas d’adresse" à Saint-Ouen et que la ville avait "suffisamment de problèmes".  L'élu se disait notamment persuadé qu'une scolarisation "serait un argument de plus pour les associations de s’opposer à cette évacuation". 

Saisie par le défenseur des droits, la préfecture de Seine-Saint-Denis avait mis en demeure la mairie de scolariser cinq enfants roms. Selon nos informations, trois enfants sont d'ailleurs désormais scolarisés dans une école de la commune depuis le 7 octobre dernier. 

Après des évacuations en 2008 et 2013, c'est la troisième fois que ce bidonville de la rue Ardoin est démantelé.

Et aussi

Lire et commenter