"SAIP", la nouvelle application "alerte attentat" de l'Etat arrive dans vos smartphones

SOCIÉTÉ

TERRORISME – Promise par Bernard Cazeneuve au lendemain des attentats du 13 novembre, l’application d’alerte en cas d’attaque sur le territoire est disponible depuis ce mercredi 8 juin sur GooglePlay et Appstore. Elle vise à prévenir les populations en cas d’attentat et prodigue des conseils à suivre aux citoyens.

Comment alerter les citoyens en cas de crise majeure ? Avec une information fiable émanant directement de l’Etat… Après les attentats du 13 Novembre, plusieurs services du ministère de l’Intérieur ont alerté Bernard Cazeneuve sur l’utilité de créer une application pour alerter les Français en cas d’attaque. C’est chose faite depuis ce mercredi 8 juin, au matin. L’application "SAIP" - pour "système d’alerte et d’information des populations" - est désormais téléchargeable, gratuitement, quelques jours avant le coup d’envoi de l’Euro 2016, sur les smartphones Apple et Androïd. Metronews vous en dévoile les contours.

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Une alerte et des conseils

L’application a été testée la nuit dernière au cours d’un exercice de simulation d’attentat, Place Bellecour à Lyon. Toute personne qui aura téléchargé "SAIP" pourra être alertée immédiatement sur son téléphone en cas d’attentat. Concrètement, l’utilisateur peut renseigner jusqu’à huit communes afin d’être alerté en cas de danger signalé sur ces sites. S’il accepte la géolocalisation, dès qu’il rentre sur une zone à risque ou s’il y est présent, il reçoit une alerte précisant la nature du danger et le comportement à adopter. En revanche, il ne peut pas signaler lui-même un attentat.

Grâce au partage de l’alerte sur Facebook et Twitter, les autorités comptent surtout sur la "viralisation" du message. "Chaque utilisateur pourra se faire l’ambassadeur de la sécurité civile. Il s’agit d’un canal supplémentaire à ceux déjà existants comme la signalétique urbaine, les sirènes ou les diffusions sur les réseaux sociaux, les médias ", explique-t-on, Place Beauvau. "L’idée, poursuit-on, est aussi que l’alerte serve à informer les gens pour qu’ils ne surchargent pas les numéro d’urgence des secours ou de la police." Dans un second temps, des conseils parviendront à l’utilisateur sur son comportement à adopter.

Discrétion

Le choix de la discrétion de l’alerte en cas d’attentat a été retenu par le ministère de l’Intérieur et le Service d’information du gouvernement (SIG). Pour éviter que d’éventuels otages cachés ne se fassent repérer par les terroristes lorsque l’alerte arrive sur leurs téléphones, l’application ne diffusera pas de "bip" ni de "vibrations" mais une notification.

La procédure de déclenchement de l’alerte incombera à la responsabilité des préfets. Ils pourront choisir d’envoyer les messages de façon localisée, autour du site attaqué, dans un rayon de 300 mètres au minimum. Ou plus largement, d’étendre la portée à d’autres communes ou départements. Pour recevoir l’alerte, il suffira d’avoir un téléphone allumé et être connecté avec le réseau téléphonique ou internet.

Pas de stockage de données

Le dispositif ne permet pas le stockage des données. "Tout se passe à bord du smartphone capable de déterminer lui-même s’il est en zone de danger. Aucun élément ne sort du téléphone", précise l’entourage de Bernard Cazeneuve. Même en cas de géolocalisation, l’application dit respecter "la vie privée de ses utilisateurs" et ne pas "enregistrer les positions géographiques". Aucun nom, numéro de téléphone ou adresse IP, ne seront conservés, assure-t-on. Un dispositif présenté comme "innovant" qui, d’ailleurs, a fait l’objet d’un dépôt de brevet.

Outre les attentats, l'application pourra aussi servir en cas de catastrophes naturelles, type séisme ou tsunami, ou sur d'autres accidents : nucléaire, usine chimique, barrage hydraulique... "On peut imaginer s'en servir pour des épisodes de sécurité civile comme sur une crise routière ou neigeuse afin d'informer la population", ajoute une source au ministère de l'Intérieur. Pas question, en revanche, d'y recourir pour l'alerte-enlèvement. "Il ne faut pas non plus que cela devienne un fourre-tout", conclut-on.

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