Salaire des fonctionnaires : qu'est-ce que le fameux "point d'indice" que le gouvernement veut geler en 2018 ?

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ZOOM – Les fonctionnaires sont appelés à la grève ce mardi par l'ensemble de leurs syndicats. Parmi les "attaques sans précédent" du gouvernement qu'ils dénoncent, le gel du "point d'indice", qui permet de calculer le traitement de base des agents de la Fonction publique. LCI vous explique ce paramètre essentiel pour le pouvoir d'achat des 5 millions de fonctionnaires.

Le point d'indice, c'est quoi ?
Il sert à calculer le traitement de base des fonctionnaires (hors les diverses indemnités ou primes dont ils peuvent bénéficier). Concrètement - et schématiquement -, pour établir la paie des plus de 5 millions d’agents employés par l’Etat, les collectivités locales et les hôpitaux, on multiplie la valeur du point d'indice, 4,686 euros aujourd'hui, par l"indice majoré" qui correspond au grade et au corps auquel appartient l'agent. Celui-ci peut aller d'un peu plus de 300 à plus de 800 points. 


Par exemple si l'on regarde la grille indiciaire d'un tout jeune agent de police municipale de catégorie C , l'échelon 1 correspond à un indice majoré de 328 points. Sa rémunération de base est donc de 328 x 4,686, soit 1 537.02 euros bruts mensuels. Au bout de quelques années, lorsqu'il aura, mettons, atteint l'échelon 10 auquel correspond un indice majoré de 402, son salaire s'élèvera à près de 1884 euros (402 X 4,686).

Pourquoi le gouvernement veut-il le geler en 2018 ?
Au grand dam des syndicats, les revalorisations régulières du point d'indice (il y en avait eu 7 entre 2006 et 2010 , de 4,50 euros à 4,63 euros) avaient pris fin sous le gouvernement Fillon, avant de reprendre à la fin du quinquennat Hollande (il a été revalorisé de 1,2% en deux fois, 0,6% en juillet 2016 et 0,6% en février 2017, entraînant une hausse de la masse salariale de 2,5 milliards d'euros). Ne pas augmenter le point d'indice, et donc ne pas procéder à une augmentation générale des salaires des fonctionnaires - même si ceux-ci peuvent évoluer à la hausse avec l'ancienneté ou les promotions -, c'est limiter leur poids salarial et faire de sérieuses économies.

C'est ce qui a amené le gouvernement Philippe, par la voix du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, à annoncer fin juin le gel du point d'indice pour l'an prochain, malgré une inflation attendue à 1,1%. "En 2018, il n'y aura pas d'augmentation du point de l'indice. Cela ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas pendant tout le quinquennat", avait-il déclaré, alors qu'un audit alarmiste de la Cour des comptes venait de préconiser cette mesure comme l'une des pistes d'économies possibles pour contenir le déficit français à 3% du PIB cette année et la suivante. Au grand dam des syndicats, dont l'inquiétude a par ailleurs grandi avec une autre annonce d'Emmanuel Macron : le chef de l'Etat a indiqué en juillet son intention d'ouvrir un dialogue avec les partenaires sociaux afin d'aboutir à une différenciation du calcul du point d'indice pour les différentes fonctions publiques (d'État, hospitalière et territoriale). "Il n'est pas normal, lorsqu'on cherche à augmenter par exemple le point de la fonction publique hospitalière, que toutes les fonctions publiques soient entraînées dans le même mouvement", avait-il expliqué au Sénat. Un "chiffon rouge" pour les syndicats.

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