Salaire sous le Smic : le Medef provoque un tollé

Salaire sous le Smic : le Medef provoque un tollé

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POLÉMIQUE - Le président du Medef, Pierre Gattaz, a ouvert mardi la boîte de Pandore en se disant favorable à un salaire "transitoire" inférieur au Smic pour encourager l'embauche des jeunes. Une annonce qui a déclenché l'ire des syndicats et engendré un rejet du gouvernement.

Attention, sujet hautement sensible. Le président du Medef, Pierre Gattaz, s'est dit favorable mardi, lors de son point presse mensuel, à la mise en place d'un salaire "transitoire" inférieur au Smic pour encourager l'embauche des jeunes. Le "niveau élevé" actuel du salaire minimum, 1.445 euros bruts mensuels, constituerait selon lui "une marche d'escalier à franchir en France" pour trouver du travail.

Avec un "niveau de chômage à 11%", il faut "explorer toutes les pistes", a fait valoir le patron des patrons, ajoutant qu'il souhait en débattre "avec le gouvernement et les partenaires sociaux". Le débat risque de tourner court.

"L'emploi des jeunes mérite mieux que cela"

Tous les gouvernements précédents qui ont tenté de mettre en place un Smic au rabais, du Contrat d'Insertion professionnelle (CIP) d'Edouard Balladur au Contrat première embauche (CPE) de Dominique de Villepin, ont dû reculer face au tollé provoqué. Celui de Manuel Valls le sait trop bien : "Le Smic jeunes, nous y sommes bien sûr fermement opposés", a rapidement réagi la ministre de la Jeunesse Najat Vallaud-Belkacem. "Le sujet de l'emploi des jeunes mérite mieux que cela. Je verrai prochainement Pierre Gattaz pour lui en parler", a poursuivi la benjamine du gouvernement.

Du côté des syndicats, cette proposition a suscité l'indignation. "On rentre dans la provocation et l'indécence, c'est inacceptable", s'est insurgé Jean-Claude Mailly, numéro un de Force ouvrière. Laurent Berger, son homologue de la CFDT, a pour sa part blâmé "une proposition du passé", preuve que "visiblement les mauvaises idées ne sont jamais transitoires". Divisant jusque dans son propre camp, celle qui a précédé Pierre Gattaz à la tête du Medef, Laurence Parisot, n'a pas mâché ses mots. Allant jusqu'à comparer ce Smic au rabais à une "logique esclavagiste !".
 

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