Agriculture : 3 innovations pour des exploitations plus écologiques

Agriculture : 3 innovations pour des exploitations plus écologiques

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CONNECTÉ - Partenaire du Prix Entreprises pour l’environnement (EpE), LCI vous livre pendant un mois des articles autour de la thématique digital et environnement. Cette semaine, nous nous penchons sur l'agriculture connectée, qui intéresse de plus en plus d'exploitants. LCI vous présente quelques inventions qui pourraient bien rendre l'exploitation agricole plus verte.

Collecte de données par drones, capteurs, météo en temps réel… Loin des vieilles charrues et moulins, l’agriculture se modernise à vitesse grand V. Tandis que les écoles formant de futurs professionnels ne cessent d’adapter leur programme à l’évolution de la technologie, le changement est aussi bel et bien visible sur le terrain. Si en 2010, seuls 60% des agriculteurs français utilisaient internet, ils étaient 79% en 2017, soit plus que la moyenne française (74%).


Selon l’étude Agrinautes 2017, nombreux sont aussi ceux à se servir d’applications mobiles dédiées (71%) et à posséder au moins un objet connecté (50%). Face à cet engouement, le tout premier salon de l'agriculture connectée a eu lieu l'année dernière à Montpellier. Il y ouvrira de nouveau ses portes en mars. Au programme : robots, drones ou encore logiciels embarqués. Si certaines de ces technologies ne valent que pour leurs bénéfices sur le rendement, d’autres jouent aussi un rôle salvateur pour l’environnement. LCI vous présente quelques-unes d'entre elles.

B-Keep, la ruche connectée qui prend soin des abeilles

Inquiet de la mortalité croissante des abeilles, Maxime Mularz, professeur au lycée agricole d’Aumont, dans l’Aisne, a décidé de prendre les choses en main. En 2015, il crée la société Hostabee et invente le B-Keep. Ce boîtier, qui s'installe entre les cadres de n'importe quelle ruche permet aux apiculteurs de surveiller à distance l’état de santé des colonies, et ainsi de réduire leur mortalité. Relié à une application, il émet toutes les heures les données collectées grâce aux ondes radios (non nocives pour les abeilles) vers une application web à laquelle a accès l'apiculteur. Ainsi, variations de température ou d’humidité - qui peuvent par exemple entraîner le développement de champignons - ne passent pas inaperçus. L’accès à ces informations en temps réel permet également à l'apiculteur de ne pas rendre trop souvent (et inutilement) visite à ses abeilles, ce qui peut fragiliser les polinisateurs.

"Aujourd'hui, 300 ruches sont déjà équipées du module B-Keep, explique Maxime Mularz à LCI. Nous avons également plus de 1000 précommandes à travers le monde et avons lancé la fabrication de 2000 modules." Loin de se satisfaire de conquérir l'Hexagone, le fondateur de Hostabee a également commencé son développement aux Etats-Unis, en Nouvelle-Calédonie, au Portugal, au Danemark et au Luxembourg. "Nous avons, en plus de cela des commandes pas encore livrées au Liban, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Suisse, en Suède, au Brésil et en Roumanie", complète-t-il.

Gleek, un piège à insectes connecté

Tout comme les abeilles, de nombreux autres insectes tendent à disparaître, mettant en péril notre survie. Selon une étude publiée en 2017 par la revue PLoS One, le nombre d'insectes ailés a chuté de près de 80% en 30 ans en Europe. Une disparition inquiétante qui serait en majorité attribuée aux techniques agricoles. Pour tenter d'enrayer le phénomène, certains ont imaginé des solutions à la portée de tous. Advansee, une société nantaise, en fait partie. Elle a créé un piège à insectes connecté, le e-Gleek. Capturés sur une surface collante installée dans la parcelle, les insectes sont filmés par une caméra puis comptés et analysés grâce à un logiciel. En cas d'arrivée massive d'insectes, le producteur est alerté par SMS et peut agir juste à temps et mieux cibler son action. De quoi éviter de déverser inutilement des quantités astronomiques d'insecticide dans ses cultures.

Lancé l'année dernière et fabriqué en France, le e-Gleek a déjà été produit à une centaine d'exemplaires. De 750 à 1000 pièges devraient être conçus en 2018.

Des drones spécialement pensés pour l'agriculture

Si l'action au sol se développe, il en est de même pour le ciel. Depuis 2010, la société Airinov s'est spécialisée dans la conception de drones agricoles. En apparence similaires aux drones de loisirs, ils sont équipés de caméras et de capteurs capables de délivrer de nombreuses informations sur une parcelle, comme les besoins en azote ou en eau.


Collectées dans une carte mémoire, les données sont envoyées aux équipes d'Airinov qui sont chargées de les analyser et d'élaborer des cartographies très précises. Grâce à elles, l'exploitant est en mesure d'arroser ou de fournir de l'engrais aux seules zones qui en nécessitent. Et ce à la juste dose.

Au fil des ans, Airinov s'est imposée comme le leader des drones agricoles en France. Grâce, entre autres, à son alliance avec la marque de drones Parrot, elle a aussi étendu son expertise à l'étranger, "principalement en Europe du Nord, de l’Est, et Afrique du Nord", nous indique la société. Au total, 10.000 agriculteurs font aujourd'hui appel à leurs services et plus de 500.000 hectares ont déjà été analysés par leurs drones.

Entreprises pour l’Environnement (EpE), associée LCI, lance pour la 13e année consécutive, son appel à candidature pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 10.000€. Cette année, les concurrents doivent réfléchir à la question suivante : "Digital et Environnement : quelles connexions ?"

Les jeunes de moins de 30 ans ont carte blanche ! Ils sont invités à présenter des idées inédites, des solutions concrètes de services ou d’applications, d’objets connectés, de chatbot, etc… favorisant l’environnement (climat, biodiversité, ressources, eau…) ou, à l’inverse, des solutions concrètes pour diminuer l’impact du recours au digital. Pour plus d'information, rendez-vous sur le site dédié.

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