Sans natation à l'école, la crainte d'une explosion des noyades cet été

Sans natation à l'école, la crainte d'une explosion des noyades cet été

MISE EN GARDE - Alors que le ministère des Sports a lancé cette semaine une nouvelle campagne de prévention des noyades pour cet été, après un an de pandémie, Jean-Michel Lapoux, secrétaire générale de la fédération nationale des maîtres-nageurs sauveteurs, redoute la précarisation du métier et la baisse des effectifs.

Des drames ont marqué le début de cette saison estivale : un enfant de deux ans et demi s'est noyé mardi 29 juin dernier dans la piscine familiale à Griselles, dans le Loiret, et le week-end précédent, cinq personnes ont trouvé la mort en Savoie et au large de Narbonne. Face à ces tragédies, le gouvernement a lancé cette semaine une campagne de prévention contre les risques liés aux baignades. 

Chaque année, environ 1 000 personnes décèdent de noyade en France, dont plus d'un tiers car ils ne savent pas nager. Un chiffre en hausse constante, notamment chez les enfants de moins de 13 ans et en particulier dans des piscines privées familiales pour les moins de six ans. Jean-Michel Lapoux, secrétaire général de la fédération nationale des maîtres-nageurs sauveteurs depuis plus de quarante ans, craint que ce chiffre n'augmente encore cette année à cause de la pandémie. 

"Je pense que les risques de noyades seront plus élevés cet été, car les enfants n'ont pas pu apprendre à nager cet hiver, mais aussi parce que les maîtres-nageurs n'ont pas pu être formés", explique Jean-Michel Lapoux, qui pointe le manque d'effectif dans la profession. D'après ses chiffres, sur les 6 000 professionnels formés en France, seuls 1 500 seraient encore en activité. "Les autres ont changé de métier, car c'est mal payé... entre 1 300 et 1 500 euros par mois", poursuit-il. 

Autre problème qui explique, selon lui, le manque d'effectif : la formation. "L’examen de maitre-nageur dure une année et coûte 6 500 euros, donc évidemment les lycéens, étudiants, pompiers ne veulent pas abandonner leur travail pendant un an pour une saison de deux mois", dénonce Jean-Michel Lapoux. "Au lieu de recruter des maîtres nageurs, les mairies se tournent vers les personnes diplômées du brevet national de sécurité stage aquatique (BNSSA), qui peuvent surveiller, mais pas enseigner. Résultat, il y a des piscines qui n'ont plus de personnel formé pour apprendre à nager."

Des communes sans maitres nageurs depuis plus de dix ans

Selon Jean-Michel Lapoux, ce serait le cas de plus de 300 communes en France. "Il y a des communes qui n'ont plus de maîtres-nageurs depuis plus de dix ans" et ne sont donc pas en mesure d'apprendre à nager à leurs jeunes habitants. "D'autres ont restreint leurs horaires d'ouverture et très souvent ce sont les professeurs de sport de l'école qui se retrouvent à donner des cours de natation (...) On est en train de démolir la natation en France et la Ministre le cautionne", déplore le secrétaire général de la fédération, qui prône l'apprentissage de la natation dès l'âge de cinq ans pour tout le monde.

Lire aussi

En attendant, pour cet été, le maître-nageur préconise une grande vigilance des parents sur les plages et surtout dans les piscines privées. "Il faut toujours accompagner son enfant dans l'eau s'il ne sait pas nager", dit-il. "Surtout si on veut se reposer - ce qui est normal - on met la ceinture de sécurité à son enfant même quand il joue sur le sable", conclut-il.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EXCLUSIF - Affaire Maëlys : des invités du mariage où Nordahl Lelandais a enlevé la fillette témoignent

EN DIRECT - Covid-19 : "petite poussée" des contaminations, près de 5 000 cas par jour

"Indemnité inflation" : à qui va-t-elle s'adresser, quel montant et quand sera-t-elle versée ?

Prix des carburants : une indemnité "classe moyenne" de 100 euros pour 38 millions de Français

Amérique : les Vikings étaient bien là avant Christophe Colomb

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.