500 médicaments et vaccins en rupture de stock en France : l'inquiétante progression

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PENURIE - La mission d’information sénatoriale qui s'est penchée sur la recrudescence de produits médicamenteux et vaccins signalés en rupture de stock, a présenté mardi 2 octobre les conclusions de son rapport. Rien qu'en 2017, 500 médicaments ont été en rupture de stocks, c'est 30% de plus qu'en 2016.

"On peut imaginer qu'on puisse manquer de médicaments, mais d'autant de médicaments et aussi souvent c'est une problématique sous estimée, donc il est temps que les autorités s'en emparent". Comme Yann Neuzillet, chirurgien urologue à l’hôpital Foch, de nombreux professionnels de la santé ont défilé devant les sénateurs depuis début juillet pour aborder la recrudescence de produits médicamenteux et vaccins signalés en rupture de stock. Après près de trois mois d'auditions et d'analyse, la mission d’information sénatoriale dédiée doit présenter ce mardi les conclusions de son rapport sur la question.


Créée à l’initiative du groupe Les Indépendants - République et territoires, la mission d’information s'était constituée fin juin en partant du constat que la pénurie de médicaments et de vaccins en France se développe dangereusement. Et pour cause : en 2017, plus de 500 médicaments se sont retrouvés en rupture de stock rappelle la mission d'information, soit 30% de plus qu’en 2016 notamment pour les médicaments anti-cancéreux, les médicaments pour lutter contre la maladie de Parkinson, et les vaccins. Une pénurie qui s'accentue donc de plus en plus depuis dix ans et qui concerne toutes les classes de médicaments. 

"Des interventions qui auraient pu être évitées"

Un exemple : le principal médicament destiné à soigner le cancer de la vessie en rupture en raison d'une... fermeture d'usine en France. Conséquence dramatique : certains patients  ont subi des interventions qui auraient pu être évitées à la condition qu'ils aient pu disposer du traitement complet.


A partir d'exemples concrets comme celui-ci, la mission d'information présidée par le sénateur LR de Seine-Maritime Charles Revet s'est fixée pour objectif d'établir un état des lieux des ruptures de stocks et risques de ruptures de stocks constatés au cours des dernières années pour les médicaments et les vaccins. En outre, elle avait pour ambition de retracer les différentes causes de ce phénomène en inquiétante progression mais aussi proposer des mesures permettant de remédier à cette situation inacceptable. 

"69 produits suivis" à l'Institut Gustave Roussy

Rien qu'à  l'Institut Gustave Roussy, des "ruptures quotidiennes" sont observées et 69 produits sont suivis en raison du risque de pénurie. Il faut '"éviter de se retrouver dans des situations qui peuvent exposer les patients à des dangers de substitution avec des produits qui ne sont pas exactement les mêmes", explique ainsi   François Lemare, responsable de la pharmacie de l'institut. 

Aucune sanction prévue contre les laboratoires

La cause principale de ce phénomène ? La mondialisation de la chaîne de production. Rupture de matière première, défaut de production et brusque augmentation de la vente sont en effet autant de circonstances qui expliquent que machine la s’enraye

Or, si les laboratoires sont obligés de signaler toutes les ruptures de stock, aucune sanction n'est pour l'heure prévue dans le cas contraire. Certaines associations dénoncent une législation insuffisante qui ne garantit plus la sécurité des patients. Pour y remédier, le responsable de la pharmacie de l'institut Gustave Roussy propose notamment de renforcer "au quotidien la communication entre les différents établissements et les différents acteurs que sont les médecins les infirmiers, etc." Reste à savoir si cette dernière figurera parmi les pistes d'amélioration qui doivent être énoncées ce mardi par le sénateur du Nord et rapporteur Jean-Pierre Decool (Les Indépendants-A). 

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