Faute de personnel, cet hôpital de la Sarthe n'est plus en mesure d'assurer les IVG

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SANTÉ - Depuis le mois de janvier 2018, l’hôpital de Bailleul, à La Flèche (Sarthe), ne pratique plus les interruptions volontaires de grossesse, faute de personnel. Une situation "grave" pour le Planning familial du département, mais à laquelle l'hôpital nous assure essayer de remédier.

Cela fait plus de six mois que les femmes qui souhaitent avorter à La Flèche, dans la Sarthe, ne le peuvent plus. Pourquoi ? Car le personnel de l'hôpital de Bailleul n’est pas suffisamment nombreux pour assurer la continuité du service. "Notre service comprenait il y a encore quelques mois cinq médecins : un à temps plein et quatre à temps partiel. Le praticien qui exerçait à temps plein est parti à la retraite, et sur les quatre à temps partiel, un seul accepte de pratiquer les IVG", explique à LCI Anne-Laure Desprez, directrice adjointe de l’hôpital de Bailleul en charge des ressources humaines et des affaires médicales. 


Or il est impossible pour un médecin seul, travaillant à 60%, d’assurer la continuité d'un service. Et ce même si depuis le 1er juillet dernier ce praticien est passé à temps plein. "Les trois autres ont quant à eux fait valoir leur clause de conscience, on ne peut rien leur objecter", ajoute Anne-Laure Desprez. "Nous avons suspendu cette activité par manque de ressources, non pas par volonté. Nous sommes même désolés de la situation."

De la difficulté d'attirer des médecins dans les territoires ruraux

Le Planning familial de la Sarte regrette lui aussi que les femmes ne puissent plus se faire avorter sur ce territoire depuis janvier dernier, et soient obligées de se rendre au Mans ou à Angers, soit à une cinquantaine de kilomètres. "Certes, cet hôpital a des difficultés financières. Mais le choix est fait de fermer le service des IVG, pas un autre. Cette situation est extrêmement grave, c’est pour cela que nous devons défendre les droits des femmes", assure à LCI Marlène Boutet, directrice de l’antenne sarthoise du Planning familial. "Aucun service minimum n’est mis en place, d’où la difficulté, encore aujourd’hui en France, d’accéder à l’IVG dans les territoires ruraux", ajoute-t-elle.


L’hôpital assure que sa volonté est de redémarrer l’activité le plus rapidement possible. "Nous avons fait appel à d’autres hôpitaux de la région, nous essayons de recruter. Mais nous sommes en été, la période n’est pas idéale. Nous n’aurons pas la possibilité de redémarrer l’activité avant l’automne. Nous avons énormément de mal à trouver un médecin. L’hôpital de Bailleul est situé sur un territoire rural pas très attractif." Le Planning familial se demande même si le service pourra rouvrir un jour. "Dans notre département, la désertification médicale est importante. On va continuer à tourner en rond : tant que l’hôpital n’arrivera pas à recruter le nombre de médecins nécessaires, le service ne pourra pas être assuré", nous explique, fataliste, Marlène Boutet. "Surtout que la logique économique sera toujours plus importante."

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