Savez-vous vraiment ce que font les ados avec leur téléphone portable ?

SOCIÉTÉ

VRAI OU FAUX - Deux journalistes publient le livre "Portables, la face cachée des ados", qui décrypte les nouveaux usages des smartphones par les adolescents. Vous pensez les connaître ? LCI met à l'épreuve vos connaissances sur le sujet.

Ils ont la tête baissée, tout le temps. Pourquoi ? Parce qu’ils regardent leur téléphone portable. H 24. Ce n’est pas une nouveauté dans ce monde hyperconnecté :  93% des 12-17 ans sont équipés de mobiles, essentiellement de smartphones, et en ont une utilisation compulsive. Mais qu’en font-ils ? Ils regardent une vidéo, échangent avec des amis, font des selfies…  et bien d’autres choses. Deux journalistes, Boris Manenti et Céline Cabourg, viennent de sortir "Portables, la face cachée des ados", un livre qui nous éclaire sur ce côté obscur. LCI en profite pour vous faire tester vos connaissances sur la question.

  • 1L’âge moyen du premier portable est de 16 ans

    FAUX. Plutôt 11 ans, en fait. C’est l’âge le plus souvent cité par les parents comme étant "bon moment". 11 ans, c’est en effet l’âge où le jeune entre en sixième, et cette arrivée au collège est le début d’une plus grande autonomie. L’adolescent prend son envol, se déplace tout seul. Pour les parents, le téléphone est un moyen de garder le contact. Et de se rassurer.
  • 2Les parents sont dépassés par l’usage que font les ados de leur portable

    COMPLÈTEMENT VRAI. Que fait leur enfant toute la journée le nez dans son téléphone ? C’est le flou total. Près d’un parent sur deux se déclare incapable de dire combien de temps passe son enfant sur son smartphone, ni ce qu’il y fait, estiment les deux auteurs.
  • 3Facebook a la cote chez les ados

    FAUX. Les réseaux sociaux ont la cote, c’est sûr. "On va sur les réseaux sociaux comme on allait au parc", écrivent les journalistes. "S’inscrire sur un réseau social devient vite un passage obligé pour s’intégrer socialement." Sauf que les ados préfèrent utiliser Instagram, Snapchat, ou encore WhatsApp. Facebook n’a en effet plus l’image du réseau tendance. "Il est devenu un espace numérique 'obligatoire', où l’adolescent retrouve un peu tout le monde" , expliquent les journalistes. "Du coup, l’ado y va, suivant par là le réflexe de leurs aînés, mais y contrôle son image, et adapte donc son usage à cet espace semi-public." Car l’ado, contrairement à ce qu’on peut croire, apprend, à l’âge du collège, à faire le tri, à sélectionner davantage ce qu’il poste, en fonction de ses cercles d’amis.
  • 4Dire que Facebook est "has been" est cependant réducteur

    VRAI. En fait, le réseau social a réussi à re-séduire les jeunes en lançant Messenger, outil de discussion instantané, qui permet d’envoyer des messages textes, des photos, ou des pièces jointes. Et ça, ça accroche à fond. La plupart des ados n’utilisent leur compte Facebook que pour cela, et discutent via ce canal presque davantage que par SMS.
  • 5Snapchat tient la corde

    VRAI. C’est là qu'est le grand défouloir. Cette appli américaine permet en effet de partager des photos qui s’autodétruisent et compte 8 millions d’utilisateurs, essentiellement des moins de 25 ans, en France. Un carton. "Tout y passe, tant qu’on s’amuse : grimaces, poses peu valorisantes, blagues ; mais aussi tout ce qui est défendu : selfies en train de fumer ou de boire de l’alcool", estiment les journalistes. "On y vient pour rigoler, et se montrer comme on est. Et cette quête d’authenticité est d’autant plus facile que Snapchat n’a pas de compteur de 'J’aime'."
  • 6Les ados adorent les SMS, pas vraiment les appels

    VRAI. "Les appels, c’est pour les vieux", voilà pour le résumé. En moyenne, les 12-17 ans envoient près de 300 SMS par semaine et utilisent davantage ce canal. D’après une étude citée dans le livre, menée sur les utilisateurs britanniques, 20% des communications des adultes sont vocales, contre 5% pour les 12-15 ans. Une différence d’utilisation qui exaspère d’autant plus les parents dont l’ado passe la journée sur son portable, mais ne répond jamais quand on l’appelle. Et n’écoute pas plus les messages vocaux.
  • 7Le mail, en revanche, a toujours la cote

    FAUX, ARCHI-FAUX. C’est de l’écrit, c’est rapide et instantané. Mais pourtant non, les ados n’accrochent pas : seuls 3% de la communication des 12-15 ans passe par le mail, contre 35 % pour les adultes. Pour les auteurs, "l’e-mail est associé à l’école" : "Le premier compte est souvent ouvert en cours, pour échanger de menues informations avec les professeurs. Le formalisme de la procédure, conjugué à la vision des messageries professionnelles des parents, finissent d’enterrer le message électronique."
  • 8Les ados coupent leur téléphone en cours

    ABSOLUMENT PAS. Pendant les pauses, ils les sortent tous. Pour les cours, il n’est que rarement autorisé, mais reste souvent allumé, en mode vibreur, dans un coin. Leur téléphone sert aux jeunes à tromper l’ennui, ils le sortent pour prendre des photos du cours ou du prof, qu’ils enverront sur les réseaux, le soir. Il leur sert aussi à tricher : prendre les cours en photo, cacher le portable dans la trousse… ou taper l’énoncé du contrôle sur internet.
  • 9Le portable est devenu indispensable pour draguer

    VRAI. Repérage, amorçage des premières discussions... Tout passe désormais par le portable pour entrer en contact et amorcer le dialogue. Pour se tourner autour, les ados utilisent les émojis, qui permettent d’afficher divers paliers émotifs : chat et le smiley aux yeux en cœur, coeur exclamation, bague de fiançailles, étoiles, brasier, la petite langue... Le portable est aussi un moyen très pratique… pour se séparer, de plus en plus.
  • 10Le portable les coupe du monde

    PAS TANT QUE CA. Les ados coupent très rarement avec leur portable, seulement par "micro-déconnexion". Car ils ont aussi peur de rater quelque chose. Pour autant, estiment les auteurs, les ados ne sont pas que des décérébrés compulsifs enfermés dans leur bulle : "Ils se servent de leur portable pour se construire, pour réaménager la relation parents-enfants", écrivent les journalistes. "Ils se peaufinent une image, une identité, à la fois sur les réseaux sociaux et dans cette bulle d’échanges constants qu’ils créent entre pairs." Le portable leur permet aussi d’engager des discussions importantes avec les adultes, "de poser sur l’écran de vraies interrogations de vie ou des problèmes qui les rongent", via des discussions… qui se lancent par SMS.

> "Portables, la face cachée des ados", de Boris Manenti et Céline Cabourg, aux éditions Flammarion, 19 euros. 

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JT 20H – À quel âge un portable est raisonnable pour un enfant ?

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