Scandale à l'abattoir de Pézenas : "On ne sait pas ce qu'il se passe dans notre dos"

Scandale à l'abattoir de Pézenas : "On ne sait pas ce qu'il se passe dans notre dos"

SCANDALE - L’abattoir de Pézenas, dans l’Hérault, est au cœur d’un nouveau scandale de maltraitance animale. Elie Aboud, qui n’a constaté "aucun dysfonctionnement" pendant sa dernière visite surprise, reconnaît auprès de metronews "un biais énorme" au cours de son contrôle inopiné.

Toujours ces mêmes images. De mouton égorgé, de vache tuée vivante, de cochon saigné sans étourdissement. La dernière vidéo en date de l’association de défense animale L214, capturée en caméra cachée dans les abattoirs de Pézenas, dans l’Hérault, et de Puget-Théniers, dans les Alpes-Maritimes, montre, une nouvelle fois, des règles élémentaires de respect animal mises à mal sur les chaînes de tuerie.

Mais alors que l’association a par le passé créé le scandale en infiltrant les abattoirs d’Alès ou du Vigan, toujours dans le sud de la France, elle a cette fois choisi de poser ses caméras dans un établissement déjà bien référencé dans les radars des associatifs, de la police et des politiques de la région. La preuve ? En 2013, il apparaissait notamment dans une affaire de trafic de viande chevaline, visiblement impropre à la consommation. Alors pas plus tard qu’au mois de mai, le député LR de l’Hérault, Elie Aboud, a rendu une visite surprise à cet abattoir de Pézenas. Et n’avait constaté "aucun dysfonctionnement".

EN SAVOIR + >> Avec Rémi Gaillard, l'asso L 214 sort une nouvelle vidéo (bien saignante) d'abattoirs

Présence d'un vétérinaire

Fait troublant : les dates du tournage - de septembre 2015 à mai 2016, selon l’association - et du contrôle inopiné coïncident. Comment, au même endroit et au même moment de l’année, deux regards différents peuvent, d’un côté, filmer l’horreur, et d’un autre, constater une activité des plus normales ? Pour le savoir, metronews a contacté Elie Aboud, quelques heures après la sortie de cette nouvelle vidéo-choc ce mercredi 29 juin.

"Je me suis rendu dans cet abattoir, au mois de mai 2016, en tant que membre de la commission d’enquête parlementaire sur l’abattage", nous confirme le député. "J’étais alors accompagné d’un expert et de certains médias, pour être le plus transparent possible. Il est vrai que je n’ai découvert aucun dysfonctionnement : sur place, nous avons constaté la présence d’un vétérinaire et un technicien vétérinaire. "

Vers une vidéo-surveillance généralisée ?

Mais l’élu de concéder : "Au niveau de la tuerie, c’est vrai qu’il y a un biais énorme. Même si notre visite était une surprise, l’opérateur, sur la chaîne de tuerie, se savait observé. Devant nous, il a fait les choses de façon académique : c’est-à-dire qu’il a procédé à un étourdissement et vérifié, avant de pratiquer la saignée, que l’animal était bel et bien inconscient. Mais il s’agit, en effet, de la photographie instantanée d’un moment précis… On ne sait pas ce qu'il se passe dans notre dos."

Reste donc à cette commission d’enquête parlementaire, officialisée le 22 mars dernier à l’Assemblée nationale, de "prendre les orientations qui s’imposent". Elie Aboud, à titre personnel, aimerait voir ses conclusions s’orienter vers la mise en place d’une vidéosurveillance généralisée dans les abattoirs, un accès transparent aux établissements pour les commissions, les médias et les professionnels, ainsi qu’une amélioration de la formation continue des opérateurs. "Le dernier mot reviendra bien sûr à Olivier Falorni, député de Charente-Maritime et président de la commission", précise-t-il. Selon son entourage, contacté par metronews, les fameuses conclusions de cette commission, désormais très attendues, devraient être rendues publiques pour la fin du mois de septembre.

EN SAVOIR +
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