Scandale Cambridge Analytica : le mémo (très) embarrassant du vice-président de Facebook

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OUPS - Le site BuzzFeed News US dévoile une note interne rédigée par le bras droit de Marc Zuckerberg, dans laquelle celui-ci assure que tous les moyens sont bons pour "connecter les gens entre eux" sur Facebook, quitte à avoir des morts sur la conscience. Et ce, en plein scandale Cambridge Analytica, sur fond de fuite des données personnelles de près de 50 millions d'utilisateurs.

Une note interne compromettante. Le site américain BuzzFeed News US a révélé jeudi 29 mars un mémo signé du bras droit du PDG de Facebook Marc Zuckerberg, un certain Andrew Bosworth. Dans ce message diffusé aux employés du réseau social en 2016, le responsable justifiait une augmentation des connexions... par tous les moyens. À l'exact opposé, donc, des récentes déclarations du patron du réseau social, qui, reniant Machiavel, expliquait récemment que "la fin ne justifie pas les moyens". 

"Nous connectons les gens entre eux, un point c'est tout", indique cette note interne. "C'est pourquoi tout ce que nous faisons pour nous étendre est justifié. Toutes les pratiques d'importations de contacts qui peuvent poser questions. Toutes les subtilités qui permettent aux gens d'être retrouvés par des amis. Tout le travail qu'on fait autour de la communication. Le travail que nous ferons sûrement en Chine, un jour. Tout. (...) Pour qu'on connecte toujours plus de gens." 

Peut-être que quelqu'un peut mourir dans une attaque terroriste coordonnée à travers nos outilsAndrew Bosworth dans une note interne à Facebook

Et de poursuivre : "Cela peut être mal vu s'ils en font quelque chose de négatif. Peut-être que cela peut coûter une vie si on expose une personne à des harceleurs. Peut-être que quelqu'un peut mourir dans une attaque terroriste coordonnée à travers nos outils. (...) La vérité crue, c'est que nous croyons tellement dans le fait de connecter les gens entre eux, que tout ce qui peut nous permettre de connecter plus de personnes plus souvent est, de fait, bon."

Zuckerberg prêt à témoigner devant les autorités américaines

De quoi mettre à mal la ligne de défense choisie par Marc Zuckerberg, plus que jamais embourbé dans le scandale de fuite de données personnelles. La plateforme est en effet accusée de négligence depuis que le lanceur d'alerte, Christopher Wylie, a révélé que les données de 50 millions d'utilisateurs de Facebook ont pu être récupérées par l'entreprise Cambridge Analytica. "Nous avons la responsabilité de protéger vos données, et si nous ne le pouvons pas alors nous ne méritons pas de vous servir", a déclaré le PDG de la plateforme auprès de CNN, se confondant en excuses, et annonçant sa volonté  d'aller témoigner devant les autorités américaines. 


De son côté, pour calmer le jeu, l'auteur de la note interne s'est justifié via un post Twitter, expliquant que lui-même ne cautionne pas ce qu'il a pourtant écrit... 

"Je ne suis pas d'accord avec ce message aujourd'hui et je n'étais pas d'accord avec, même quand je l'ai écrit", explique-t-il. "Son but, comme beaucoup d'autres notes publiées en interne, était d'amener à la surface des problèmes dont je pensais qu'ils méritaient une discussion avec l'entreprise au niveau global. Un débat autour de ces sujets sensibles est essentiel dans la façon dont on travaille et pour faire ça efficacement on doit considérer même les mauvaises idées, que ce soit au moins pour les éliminer. Voir ce post mis en évidence hors contexte, c'est dur, parce qu'on dirait qu'il s'agit de ma propre position ou de celle de l'entreprise, ce qui n'est pas le cas. L'effet de notre produit sur les gens m'importe beaucoup et il est de ma responsabilité de rendre cet impact positif."

En vidéo

VIDÉO - Il était une fois Facebook

Mais force est de constater qu'en ce qui concerne Facebook, le mal est fait. L'entreprise au cœur du cyclone depuis quelques jours a déjà perdu près de 70 milliards de dollars

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