Scandale du lait infantile contaminé : le PDG de Lactalis présente des excuses dans un échange tendu avec les parlementaires

SCANDALE SANITAIRE - Le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier, était entendu ce jeudi 7 juin par la commission d'enquête parlementaire, suite à la contamination aux salmonelles de lait infantile.

"Je voudrais renouveler mes excuses à titre personnel et au nom de tous les collaborateurs du groupe auprès des familles des bébés malades, de celles qui se sont inquiétées. Je mesure pleinement la souffrance de ces familles. Nous avons failli à notre mission qui est de mettre sur le marché des produits sains." Telles sont les excuses formulées ce jeudi 7 juin par le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier, entendu par la commission d'enquête parlementaire. 


A la fin de l'année 2017, un scandale sanitaire de contamination aux salmonelles secouait le groupe, numéro un mondial du lait. Trente-six nourrissons étaient atteints de salmonellose après avoir bu un lait infantile des marques Picot et Milumel, produit dans l'usine de Craon en Mayenne. 

20 millions de boîtes détruites

L'audition du PDG, du reste, s'est déroulée dans un climat quelque peu tendu - alors que les députés avaient menacé de "recourir à la force publique" si Emmanuel Besnier avait refusé leur invitation. Devant les parlementaires, l'héritier du groupe Besnier a toutefois tenu à préciser que ce scandale ne provenait pas "d'une fraude", mais plutôt d'un "accident", précisant ainsi : "C'est un accident, il n'y a pas de responsabilité de personnes à l'intérieur de l'usine. Nous avons fait des travaux au premier trimestre dans l’environnement de la tour 1 en détruisant les carrelages pour améliorer ce site. Ces travaux ont libéré la salmonelle qui était à l’intérieur des bâtiments, c’est comme ça qu’on a retracé l’origine de la contamination." Il ajoute qu'au total, 20 millions de boîtes environ vont être détruites, "et toutes auront une traçabilité". 


Parallèlement, sans accuser frontalement les laboratoires, Emmanuel Besnier a fait part de ses interrogations quant à leur rôle dans la détection des irrégularités : "Nous n'avons pas eu d'alerte sur les produits finis. Et à aucun moment ces analyses n'ont pas montré de résultats positifs. Alors qu'une fois la crise passée, quelques produits se sont avérés positifs. Donc on se pose des questions." 


Le pôle santé publique du parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui" et "tromperie aggravée". L'existence même de cette enquête est l'argument avancé par le patron de Lactalis pour justifier l'absence d'échange et de rencontre avec l'association des familles de victimes de ce scandale. 

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