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JUSTICE - Les laboratoires Servier ont pour la première fois jeudi été reconnus responsables civilement dans le scandale du Mediator, cet antidiabétique détourné comme coupe-faim.

La décision était très attendue par les victimes du Mediator. Le tribunal de grande instance de Nanterre a pour la première fois reconnu jeudi après-midi la responsabilité civile des laboratoires Servier quant à la "défectuosité" de ce médicament coupe-faim, au cœur de l'un des plus grands scandales sanitaires français.

Il ne pouvait pas "ignorer les risques"


Le tribunal avait examiné le 10 septembre les demandes d'indemnisation de deux malades de 72 et 67 ans, réclamant à Servier 900.000 et 125.000 euros en réparation des graves lésions des valves cardiaques dont ils souffrent aujourd'hui. Dans son jugement jeudi, il a estimé qu'à la date à laquelle le Mediator leur avait été prescrit, en 2003 et 2006, "l'état des connaissances scientifiques ne permettait pas d'ignorer les risques d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) et de valvulopathies induits par le benfluorex" (le principe actif du Mediator), et "la seule suspicion de ces risques" obligeait le laboratoire "à en informer les patients et les professionnels de santé", notamment dans la notice d'utilisation.

Cette décision, dont les victimes espèrent qu’elle permettra de débloquer des procédures judiciaires – des centaines en France –, n’est toutefois pas définitive, puisqu'elle est susceptible d'être frappée d'appel puis d'un pourvoi en cassation. Au pénal, le scandale sanitaire du Médiator, qui pourrait être responsable à long terme de 2.100 décès selon une expertise judiciaire, fait l'objet de deux procédures distinctes à Paris et à Nanterre, mais aucun procès n'est encore prévu.
 

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