Françoise Nyssen propose des "messages de sensibilisation", mais contre le harcèlement sexuel, que peut-on faire concrètement ?

Françoise Nyssen propose des "messages de sensibilisation", mais contre le harcèlement sexuel, que peut-on faire concrètement ?

CULTURE - La ministre de la Culture Françoise Nyssen a promis de mettre en place des "messages de sensibilisation" dans les établissements préparant aux métiers de la culture. Mais est-ce suffisant ? Voici quelques pistes proposées par des spécialistes pour aller plus loin.

Elle veut lutter, elle aussi, contre le harcèlement sexuel. La ministre de la Culture Françoise Nyssen souhaite imposer la diffusion d'un message de sensibilisation dans les établissements d'enseignement supérieur culturel, alors que les témoignages d'agressions et de viols n'en finissent plus de se multiplier dans le sillage de l'affaire Weinstein, ce producteur omnipotent de l'industrie hollywoodienne.

"Dans la sphère culturelle, j'entends agir vigoureusement et sans relâche. Je vais demander à l'ensemble des directrices et directeurs des 99 établissements d'enseignement supérieur qui forment à la diversité des métiers de la culture de diffuser, auprès de leurs étudiantes et étudiants, un message de sensibilisation sur l'éducation à la non-discrimination, et le rejet de toute forme de harcèlement sexuel", a-t-elle ainsi déclaré par voie de communiqué.

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"Un message de sensibilisation". C'est bien, mais est-ce suffisant? Car le problème semble revêtir une certaine ampleur. Selon les chiffres du gouvernement, 8% des agressions sexuelles et 25% des gestes déplacés sont subis sur le lieu de travail ou d'études. Au travail, une femme sur cinq est victime de harcèlement sexuel. Pour endiguer ce phénomène,  voici d'autres pistes lancées par plusieurs intervenantes spécialisées : 

Un référent "agression ou harcèlement sexuel" ?

Interrogée sur la question dans une interview accordée au magazine Elle, Marilyn Baldeck, présidente de l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), assure qu'il s'agit d'une bonne initiative. "Il y a déjà dans tous les commissariats un ou plusieurs officiers de police judiciaire qui sont dévolus au traitement des plaintes de violences conjugales. Il pourrait y avoir des pôles spécialisés avec des personnes formées et qui soient en charge de tout le volet des violences sexuelles [...]. Les ressorts sont assez comparables et les techniques de défense des agresseurs se ressemblent aussi."

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un numéro : le 39 19

Populariser des canaux pour libérer la parole 

Peur de perdre son emploi, quand ça se passe au travail, de ne pas avoir son diplôme, quand ça se passe à l'université, de ne pas avoir de rôle, quand ça se passe dans le milieu du cinéma... Les raisons de garder le silence après une agression ou un épisode de harcèlement sexuel pour les victimes sont nombreuses. Et si l'affaire Weinstein et le hashtag #balancetonporc ont permis de libérer la parole, l'omerta est toujours de mise.

Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d'Osez le féminisme, fait ce constat sur France Inter : "Le silence dans les milieux professionnels, il existe partout [...]. On pose toujours la question : 'Pourquoi elles n'ont pas parlé avant?' Parce que l'emprise, parce que la peur, parce que le traumatisme, parce que l'omerta. Le fait même de dire aujourd'hui 'tout le monde savait', ça renforce les mécanismes de silence, finalement. Est-ce aux victimes de parler si tout le monde savait ? Il y aurait dû y avoir des personnes assez courageuses pour parler... Si tout le monde sait, ça veut dire que tout le monde fait le choix de se murer dans le silence et dans la violence."

Or, des canaux existent déjà pour faire remonter des faits de violence et de harcèlement : il y a notamment le numéro 39 19, de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), qui est destiné aux victimes d'une part, mais aussi à leur entourage et aux professionnels qui sont concernés. 

Une éducation à l'égalité dès le plus jeune âge 

De son côté, Alice Debauche, maîtresse de conférence à l'université de Strasbourg, préconisait dans une précédente interview auprès de LCI de "dépasser la réponse pénale". Au-delà des campagnes de sensibilisation, cette spécialiste reccomandait "une éducation à l'égalité" très tôt à l'école, dès le plus jeune âge. En d'autres termes : ne pas attendre l'âge d'être en école supérieure pour être sensibilisé aux problématiques de harcèlement sexuel et sexiste et en finir avec la culture du viol.

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