Seine-et-Marne : pourquoi le coming out d'une enseignante transgenre fait tant parler

Seine-et-Marne : pourquoi le coming out d'une enseignante transgenre fait tant parler

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COMING OUT - La proviseure d'un collège de Seine-et-Marne a récemment annoncé dans un courrier à des parents d'élèves qu'une enseignante entamait un processus de changement de genre. Mais l'affaire, qui aurait dû rester privée, a fait le tour des réseaux sociaux.

"Vous êtes un parent d'élève et vous recevez cette lettre, vous réagissez comment ?". Ce message, posté lundi sur Twitter, a fait le tour des réseaux sociaux. L'internaute à l'origine de sa publication y divulgue un courrier censé rester privé dans lequel la cheffe d'établissement d'un collège de Seine-et-Marne* annonce la transidentité d'une enseignante. Problème : le patronyme de la professeure et l'adresse de l'établissement où elle travaille n'ont pas été masqués.


Contacté par LCI, le rectorat de l'académie de Créteil confirme que la proviseure de ce collège a bien rédigé une lettre destinée aux parents d'élèves le 18 mai dernier avant de la diffuser sur l'Environnement numérique de Travail. Elle y indiquait que l'enseignante souhaitait désormais être appelée "Madame" et non plus "Monsieur". Quelques jours plus tard, la lettre se retrouve sur les réseaux sociaux. "On ne sait pas qui l'a publiée, mais nous condamnons fermement cet acte malveillant et hautement méprisable", assure le rectorat.

Les personnes trans méritent notre respect inconditionnel et ont strictement les mêmes droits que toute autreMarlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes

Depuis lundi, de nombreux internautes, militants LGBT+ et membres d'associations ont demandé la suppression du tweet en question, sans succès. "Monsieur votre tweet 1. Jette en pâture une personne trans et l’expose aux insultes 2. Viole la vie privée de cette personne en publiant son nom 3. Est irrespectueux et #transphobe", a notamment écrit le président de SOS Homophobie, Joël Deumier.


Face à la mobilisation, le député LaREM Raphaël Gérard a écrit un courrier à la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa pour lui faire part de la situation et lui demandé d'agir. La réponse de l'intéressée est intervenue quelques heure plus tard : "Avec la DILCRAH, nous avons fait les signalements nécessaires. Les personnes trans méritent notre respect inconditionnel et ont strictement les mêmes droits que toute autre". A 19h ce mercredi soir, le tweet n'était plus disponible.


Mais si l'affaire est remontée jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, elle aurait pourtant dû rester privée. "La divulgation de ce courrier est dommageable et nous sommes vigilants a ce que l’établissement puisse continuer à fonctionner dans la tranquillité habituelle", assure à nouveau le rectorat. Mais pas d'inquiétude sur ce dernier point, à en croire cette même source.

Evidemment que les enfants sont curieux, d'autant plus que l'affaire a fait le tour des réseaux sociaux , mais l'enseignante était préparée, bien intégrée et considère que c'est normalRectorat de Créteil

En effet, contrairement à des informations données par plusieurs médias, le rectorat assure que "la situation dans l'établissement est très calme". "On a mis en place ce qu'il fallait et il y avait une présence institutionnelle ce mercredi dans l'enceinte de l'établissement, mais dans la tête des enfants c'est juste leur professeure, assure le rectorat. Evidemment que les enfants sont curieux, d'autant plus que l'affaire a fait le tour des réseaux sociaux , mais l'enseignante était préparée, bien intégrée et considère que c'est normal".


Mais alors, faut-il prévoir des dispositions particulières dans ce type de situation ? A cette question, le rectorat répond fermement que non. "Ce genre de situation est éminemment individuelle et les modalités sont très dépendantes des personnes, nous indique-t-on. En tant qu’employeur, ce serait fou d’avoir un truc pré-installé dans lequel on obligerait les gens à se conformer à un parcours précis". Et de conclure : "On est là pour accompagner nos personnels et nos élèves". 

*Nous avons volontairement choisi de ne pas donner le nom du collège.

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