Adoption en Seine-Maritime : la responsable suspendue, enquête ouverte pour discrimination envers les homosexuels

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SANCTION - La responsable du service adoption de Seine-Maritime, Pascale Lemare, a été relevée mercredi de ses fonctions "à titre conservatoire" par le Conseil départemental. Elle avait affirmé que les couples homosexuels devaient se voir plutôt confier des "enfants atypiques". Une enquête a été ouverte pour discrimination.

Ses propos avaient été condamnés jusqu'au sein du gouvernement. La responsable du service adoption du département de Seine-Maritime, Pascale Lemare, a été suspendue de ses fonctions "à titre conservatoire" après ses propos sur les couples homosexuels, a annoncé dans un communiqué le Conseil départemental.

"Une enquête a été ouverte mercredi pour discrimination à la suite de la plainte déposée" par l'Association des familles homoparentales (ADFH), a par ailleurs indiqué le procureur de la République de Rouen, Pascal Prache, interrogé par un correspondant de l'AFP. Selon l'ADFH, la plainte vise la responsable.

Dans un entretien accordé à France Bleu Normandie, Pascale Lemare avait estimé qu'un couple homosexuel correspondait moins aux critères requis pour l'adoption d'un bébé en bonne santé qu'un couple hétérosexuel. "Eux-mêmes [les couples homosexuels] sont un peu atypiques par rapport à la norme sociale mais aussi la norme biologique [donc il faut que] leur projet supporte des profils d'enfants atypiques", avait-elle dit.

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Colère des associations

Les déclarations avaient fait hurler les associations, dont l'Association des familles homoparentales (ADFH) qui avait annoncé mardi avoir déposé plainte contre Mme Lemare pour "discrimination en raison de l'orientation sexuelle". De son côté, le Défenseur des Droits Jacques Toubon a indiqué mardi soir lors de la cérémonie des OUT d'Or, qui célébrait la "visibilité" des LGBTI+ dans la sphère publique, - s'être auto-saisi de l'affaire.

Du côté du gouvernement, la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a condamné mardi dans l'après-midi des "propos litigieux" et affirmé qu'"aucune discrimination ne saurait être tolérée".

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