Selon les prud'hommes de Paris, "PD" n'est pas une insulte homophobe pour un coiffeur

Selon les prud'hommes de Paris, "PD" n'est pas une insulte homophobe pour un coiffeur

JUSTICE - Le tribunal de prud'hommes de Paris a estimé au mois de décembre 2015 que l'insulte "PD", reçue par un employé coiffeur licencié dans la foulée, ne relevait pas d'un propos homophobe. Selon nos informations, le Défenseur des droits a été saisi par la victime.

Non, ce n'est pas une blague. Le Conseil de Prud'hommes de Paris a rendu en décembre 2015 un jugement pour le moins étonnant dans le cadre d'une affaire de licenciement abusif. Saisi par un ancien coiffeur dans un salon de la capitale, la juridiction a estimé "qu'en se plaçant dans le contexte de la coiffure, (...) le terme "PD" employé par la manager ne pouvait être retenu comme propos homophobe, car il est reconnu que les salons de coiffure emploient régulièrement des personnes homosexuelles, notamment dans les salons de coiffure féminins, sans que cela ne pose de problèmes."

Le jugement, que metronews a pu consulter dans son intégralité, détaille que l'employeur a reçu un SMS injurieux, ne lui étant visiblement pas destiné : "Je ne garde pas (...), je le préviens demain, on fera avec des itinérants en attendant, je ne le sens pas ce mec : c'est un PD, ils font tous des coups de putes". Le lendemain, il voyait effectivement sa période d'essai interrompue.

Le Défenseur des droits saisi

Résultat : même si le caractère injurieux a bien été reconnu par le Conseil de Prud'hommes - 5000 euros de dommages et intérêts sont réclamés à l'employeur à ce titre - il n'en est rien du critère de la discrimination homophobe. Les managers, pour leur défense, ont en effet pris soin de pointer les "manquements professionnels et les difficultés d'intégration" du coiffeur. Selon nos informations, la victime, qui ne souhaite pas s'exprimer dans cette affaire, a fait appel et saisi le Défenseur des droits.

Contactée ce jeudi en fin de journée, l'institution confirme à metronews avoir été saisie dès le début de l'action en justice du salarié licencié. Et nous assure se représenter à nouveau aux côtés de la victime pour la procédure en appel. Le Conseil de prud'hommes de Paris, sollicité, n'a pas donné suite à notre appel.

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