Selon une étude, 12% des femmes ont déjà été victimes d'un viol

Selon une étude, 12% des femmes ont déjà été victimes d'un viol
SOCIÉTÉ
BALANCE TON PORC - Une étude publiée vendredi 23 février sur France Info tente d'analyser l'ampleur du phénomène de violences sexuelles en France. Autant vous prévenir, les chiffres sont effrayants.

Pour la première fois, depuis l’affaire Weinstein et la libération de la parole des femmes qui s'en est suivi, une enquête très approfondie de l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès sur les violences sexuelles a été publiée ce vendredi. Et les chiffres qui en ressortent font froid dans le dos. Selon cette étude, 43% des femmes interrogées affirment avoir déjà subi des caresses ou des attouchements sexuels (des agressions sexuelles, donc) sans consentement et 12% disent avoir été victimes de viol.

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Beaucoup de femmes confrontées à la violence sexiste

Cette étude*, publiée sur France Info, et menée auprès de 2167 femmes, vise à mesurer l’ampleur des pratiques sexistes et des violences sexuelles dans la société française. Et les chiffres sont ahurissants. Par exemple, 58% des femmes disent avoir été victimes de comportement déplacés, 50% d’insultes ou de remarques à caractère sexiste, 43% de caresses ou d’attouchements à caractère sexuel sans consentement  ou encore 29% de messages pornographiques par mails ou SMS.

Les auteurs de l’étude constate que les femmes victimes de comportements déplacés disent dans un tiers des cas l’avoir été "de nombreuses fois". Même chose pour 29% de celles qui ont essuyé des insultes ou des remarques sexistes affirment dans 29%.

Des idées reçues sur le viol

Cette étude dévoile aussi que 12% des femmes interrogées pour cette étude ont déjà été victimes d’un viol. Parmi ces femmes, entre 78% et 88% (ndlr : compte tenu de la marge d’erreur de l’étude) des victimes affirment connaître leur agresseur. Dans la majorité des cas, le viol a été commis par le conjoint ou un membre de la famille de la victime.


On découvre par ailleurs que, dans 36 à 48% des cas, le viol a eu lieu au domicile de la victime. On apprend aussi que dans 49% des cas, le viol a lieu à l’âge adulte et dans 34% à l’adolescence.

Comme pour les violences conjugales, les plaintes pour viol sont rares

Ce n’est pas une surprise mais le chiffre en dit long. L’étude de l’Ifop révèle que seulement 11% à 19% des victimes ont porté plainte contre leur agresseur. En plus de ce chiffre, on découvre que les victimes ont tendance à se murer dans le silence. De 56 à 68% des victimes déclarées disent n’avoir jamais parlé de leur calvaire à un membre de leur famille ou un proche. Dans 64 à 74%, elles affirment ne pas non plus avoir consulté un médecin ou un spécialiste. Et ce, alors qu'une des rares plate-formes à recueillir leur parole, l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail, a récemment dû mettre la clé sous la porte, faute d'effectifs pour assurer les permanences.

La conséquence de ce silence a des effets terribles sur l’état psychologique des victimes. Entre 32% et 44%, des femmes qui ont été violées ont pensé à se suicider et entre 16% et 27% ont même fait une tentative de suicide.

*L’enquête, réalisée entre le 6 et le 16 février auprès de 2 167 femmes, permet de dresser un premier état des lieux de la fréquence des différents comportements et attitudes sexistes et des violences sexuelles. L’enquête se focalise sur les cas de violences sexuelles les plus graves à savoir le viol, leurs modalités (lieux, auteurs, âge des victimes…) et met en lumière leurs conséquences très lourdes et les séquelles durables sur les victimes.

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