"Sentiment d'insécurité" : près d’une personne sur six renonce à sortir seule de chez elle

"Sentiment d'insécurité" : près d’une personne sur six renonce à sortir seule de chez elle

ETUDE - Si une majorité de Français déclare ne jamais renoncer à sortir seuls de chez eux pour des raisons de sécurité, plus de 15% d'entre eux éprouvent une réticence certaine à mettre le nez dehors sans être accompagné, de peur d'être importuné. Cette crainte est d'autant plus prégnante chez une certaine catégorie de la population et à certains moments de la journée.

Prévenir plutôt que guérir ? C'est sans doute l'une des motivations des Français qui préfèrent renoncer à sortir seuls de chez eux pour des raisons de sécurité. Si une majorité de personnes assure ne pas être concernée, près d'une sur dix (17% précisément) admet pour sa part éprouver une réticence avérée à mettre le nez dehors sans être accompagnée. C'est l'un des enseignements d'une étude rendue publique ce mardi par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales qui s'est intéressé, entre 2007 et 2017, à plus 170 000 résidents de France métropolitaine âgés de 14 ans et plus. 

"De manière générale, les comportements d’évitement sont ambivalents. Renoncer à sortir seul(e) de chez soi peut réduire le risque d’être victime ou l’exposition à certains phénomènes. Mais comme cette  pratique repose sur l’anticipation du danger,  elle peut aussi entretenir les craintes. Un individu peut éviter de sortir parce qu’il se sent en insécurité dans son quartier ; mais il peut aussi éprouver de l’insécurité parce qu’il  a renoncé à sortir depuis un certain temps", met en évidence l'étude. Et l'ONDRP d'insister sur le faire que  des analyses détaillées sont donc nécessaires "pour  analyser plus finement les liens entre ce comportement  d’évitement, la victimation,  et les perceptions de l’insécurité'"    

Le soir et la nuit synonymes d'insécurité ?

Pointant le fait que renoncer à sortir seul de chez soi pour des raisons de sécurité relève de "caractéristiques individuelles" l'enquête détaille certains facteurs, tels que le moment de la journée, le sexe, l'âge ou encore le fait d'avoir déjà été confronté ou non à une agression dans le passé, pouvant influencer ce comportement.

Ainsi, on apprend que c'est en particulier le soir que les personnes interrogées renoncent à sortir. En effet, parmi ceux qui développent cette réaction, seuls 6 % évitent de sortir qu'importe le moment de la journée mais 50 % dès le début de soirée, et 39 % la nuit. 

Les femmes, les jeunes et les seniors davantage concernés

En second lieu, l'étude met en évidence une réaction particulièrement féminine dans le sens où 26% des femmes interrogées  déclarent avoir  recours  à  cette  forme  d’évitement , contre 6  %  des  hommes seulement.  En l’occurrence,  environ  une  femme  sur  deux  évite  de  sortir  dès  le  début  de  soirée , à savoir 52 %, contre 43 % des  hommes.  

De même, les  personnes  de 66  ans  et  plus  et  les  plus  jeunes  (14  à 25  ans)  renoncent  davantage à sortir que la tranche d'âge moyenne, à savoir respectivement 22 % et 20 %, contre 17 %. Tandis que 63% des personnes les plus âgées évitent de sortir dès  le  début  de  soirée, leurs cadets  âgés  de  14  à 25  ans  et  de  26  à 45 ans sont quant à eux  davantage préoccupés par la présence de groupes aux abords du domicile. Ce dernier argument est en effet celui avancé par 30  %  à  32  %  des personnes qui  renoncent à sortir seules de chez elles. 

Les victimes d'agression encore plus prudentes

En effet, les conclusions de l'ONDRP soulignent que les personnes qui ont été victimes d’une atteinte personnelle (hors  violences  sexuelles)  au  cours des 24 derniers mois renoncent davantage à sortir  seules de chez eux.  Dans le détail,  cela concerne plus de 31 % des victimes de vols violents,  et  près  d’un  quart  des  victimes  d’autres  atteintes. "L’évitement est d’autant plus fréquent lorsque l’atteinte s’est déroulée dans le quartier", apprend-on par ailleurs, l'étude indiquant que près de 40 % des victimes de vols violents, dont le plus récent s’est déroulé  dans  leur  quartier,  renoncent  à  sortir.

De manière générale, les victimes renoncent davantage à sortir seules de chez elles la plupart du temps, y compris en journée. Cela concerne plus particulièrement les victimes de violences physiques (13 %), de vols violents (11  %), et de menaces (10 %). 

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