Sept à Huit : atteinte de la maladie de Charcot, Anne Bert a fait le choix de mourir

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TÉMOIGNAGE - Atteinte de la maladie de Charcot à 59 ans, Anne Bert a fait le choix de mettre fin à sa vie avant que son état ne devienne très critique. Dans quelques mois cette écrivaine se rendra en Belgique, où l'euthanasie est autorisée. Elle explique aux caméras de Sept à Huit sa décision.

Anne Bert a le goût de vivre. Cette femme de 59 ans a pourtant décidé d'écourter sa vie. Atteinte de la maladie de Charcot, cette habitante de Saintes, en Charente-Maritime, se rendra dans quelques mois en Belgique afin d'être euthanasiée. Cette pathologie rare et incurable atteint progressivement les neurones, entraîne une faiblesse musculaire puis une paralysie totale. En mars, elle adressait une lettre ouverte dans laquelle elle interpellait les candidats à la présidentielle sur le droit de mourir dans la dignité... en France. 


Car pour Anne Bert, hors de question d'avoir recours à la loi Leonetti sur la fin de vie qu'elle juge "hypocrite". "On vous endort jusqu'à ce que vous mourriez, quel que soit la longueur de l'agonie, explique-t-elle aux caméras de "Sept à Huit". Ce n'est pas ce qu'on demande. C'est notre liberté, notre corps nous appartient." Aujourd'hui, il ne reste à l'écrivaine que quelques mois à vivre. Son corps la lâche et elle perd en autonomie. "C'est pire de jour en jour, déclare-t-elle. Il y a deux mois, je faisais encore un tas de choses que je ne fais plus aujourd'hui." 


Un point de non-retour. "Je ne peux plus lever les bras, lever les mains, décrit-elle. C'est comme si on vous amputait des deux bras. (...) J'ai décidé que je n'irai pas au-delà du stade où je ne pourrai plus me nourrir moi-même, ni faire ma toilette et mes soins intimes. C'est ma limite."

"J'aime la vie"

Anne Bert n'est pas seule dans ce drame. Mariée, elle peut compter sur le soutien de son époux Rémi, de sa fille mais aussi de ses amis proches. Si leur peine est immense, elle a fait le choix de penser à elle avant tout. "C'est une décision que j'ai prise seule car certes, j'ai un entourage qui compte énormément pour moi, mais avant il y a moi, soutient-elle. Je revendique le droit d'être un minimum égoïste." L'un de ses plus grands regrets ? Devoir quitter la France pour arriver à ses fins. "Ça va être violent, aussi bien pour moi que pour eux, déclare-t-elle. De savoir en plus que je dois partir pour le faire et qu'ils ne pourront pas tous être là."


Si elle souhaite mourir pour abréger ses souffrances, elle n'a pas perdu le goût de la vie : "Si j'avais un espoir de vie et si j'étais handicapée, je n'aurais certainement pas le même état d'esprit." A ceux qui lui disent qu'elle a perdu le goût de la vie, elle rétorque avec conviction : "Je n'ai pas perdu le goût de vivre. Je l'ai, je vous assure. Je l'ai là en face de vous, je l'avais ce matin et je l'aurai ce soir. Et je l'aurai jusqu'à la dernière minute, jusqu'au jour où on me fera cette injection et que je prendrai ce produit. J'aime la vie."

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