C’est quoi cet engouement sur YouTube pour les vidéos "retour de courses" ?

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SEPT À HUIT LIFE - Les vidéos baptisées "Retour de courses" se répandent sur le web. Nous avons cherché à comprendre cet engouement, et les motivations de ces femmes qui postent de plus en plus régulièrement leurs vidéos sur YouTube.

"Une chaîne YouTube, c’est comme un repas qui mijote, ça prend du temps, on y met du cœur", nous confie une passionnée des vidéos "retour de courses". La première fois qu'on a entendu parler de ce terme, on a un peu tiqué : retour de courses ? Des gens qui filment leurs paniers, vraiment ? Mais force est de constater que ce phénomène, né aux Etats-Unis, commence à prendre de l'ampleur en France : sur YouTube, de nombreuses vidéos cumulent des milliers de vues depuis un an. Nous avons cherché à comprendre l'intérêt de ces vidéos et les motivations de celles qui se prêtent au jeu. 

D'abord, nous rencontrons Caroline et Mikaël, qui, ce jour-là, se filment en train de déballer les fournitures scolaires de leurs  enfants. Caroline a 27 ans, elle est mère au foyer et comptabilise 10.000 abonnés sur sa chaîne, pour un compte créé il y a seulement un an. Le jour de notre entrevue, elle se filme pendant 40 minutes en train de passer en revue 72 fournitures, du tube de colle au simple stylo à bille. Résultat : 22.000 vues. Parfois, certaines de ses vidéos dépassent les 60.000 vues. 

"Comment une famille nombreuse s'organise"

Ce jour-là, elle montre les fournitures scolaires mais d'ordinaire, c'est son sac de courses qu'elle déballe. Pas du marché, pas de produits bios ou de circuit court : non, les courses que fait cette mère de famille ont lieu en hypermarché. Et cette maman n'est pas la seule : sur Internet, elles ont toutes des pseudos "cœur de perdrix", "hélène La vilaine", "Miss Gazelle" ou "Bizoumalou". En grande majorité, ce sont des femmes qui se prêtent au jeu, même si dans le cas de Caroline, sont mari est également souvent présent. 


Comment expliquer un tel engouement ? "Il y a des modes de consommation qui sont très à la mode, et de voir qu’il y a encore des gens qui consomment normalement, cela leur permet de s’identifier à nous", nous explique Caroline. "On parle budget, on nous demande comment une famille nombreuse s’organise".  Au menu de ces vidéos : on apprend que telle pizza de telle marque est bonne ou encore que cette semaine, on a pris du poulet et de la moutarde parce que monsieur aime ça. Aussi basique que ça.

Payées par la pub générée

On pourrait se demander si à l'instar d'Instagram, ces YouTubeuses se font payer par les marques. La réponse est non : la famille ne reçoit aucun produit, et n'a aucun partenariat avec des supermarchés. Caroline et son mari touchent en revanche 130 euros de la plateforme, grâce aux publicités qui apparaissent sur leurs vidéos. Soit l'équivalent d'une semaine de courses pour cette famille. Mais pour Caroline, le bénéfice est ailleurs : avec ses vidéos, elle s'est constituée un groupe d'amies virtuelles, avec qui elle échange quotidiennement sur les réseaux sociaux.

Aurélie, elle, est allée plus loin encore : certaines de ses abonnées sont devenues des amies, qu'elle voit régulièrement. Cette Marseillaise de 35 ans, célibataire, poste en moyenne 2 à 3 vidéos par semaine. Elle va même jusqu'à se filmer dans les rayons de son hypermarché. Quatre ans que "Aurélie sans chichi" joue le jeu. Et l'exercice l'amuse toujours autant : il est même une soupape de décompression pour cette aide-soignante qui travaille de nuit, dans un centre pour grands brûlés. Ses vidéos "retour de courses" ? Elles donnent un "côté volage à la pénibilité du travail, c'est un exutoire à sa vie de tous les jours qui est difficile", nous confie l'une de ses collègues. Et là encore, pas de salaire mirobolant en vue : Aurélie ne gagne que 60 euros par mois grâce aux publicités.

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