Sept épreuves, 107 questions... ce qu'il faut savoir pour devenir chauffeur VTC

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ÉPREUVES – Dans le cadre de la nouvelle loi Grandguillaume, censée réguler la profession de chauffeur de VTC, les conducteurs doivent, pour exercer, passer un examen fortement critiqué. Quelles sont les connaissances requises ?

Alors que les bouleversements annoncés dans le marché des VTC (voitures de transport avec chauffeur), qui naîtront de la mise en application de la nouvelle loi Grandguillaume le 29 décembre au soir, suscitent un certain nombre de tensions, un sujet, plus que tous les autres, cristallise la colère des chauffeurs et des sociétés. Il s’agit de l’examen que doivent désormais passer tous ceux qui voudront exercer, en 2018, la profession de chauffeur. 


Dans le détail, les candidats sont soumis à sept épreuves écrites, durant 20 à 45 minutes chacune. En cumulé, l’examen dit "théorique" (à valider absolument si l’on veut accéder à l’examen pratique) dure 3h50 et oblige à répondre à 107 questions, posées soit sous la forme de QCM (questions à choix multiples), sois sous celle de QRC (questions à réponses courtes). À chaque épreuve correspond une thématique précise : droit du transport, gestion, sécurité routière, français, anglais, développement commercial et "règlementation nationale spécifique VTC". 

Quelques exemples de questions, débusquées par Le Monde : "Quelles sont les sanctions possibles en cas d’exercice illégal d’une des professions du transport particulier privé de personnes ?" ; "Qu’est-ce que le chiffre d’affaires ?" ; "“To demand” signifie exiger, demander ou supplier ?" ; "Puis-je être minoritaire d’une entreprise individuelle ?" ; "Que signifient les sigles RSI et Urssaf ?" ; "Qu’appelle-t-on un service premium ?"...


"Cet examen est extrêmement difficile pour un public qui est souvent très fâché avec l’école", résume Yanis Kiansky, le patron de la plate-forme française AlloCab, dans les colonnes du quotidien. Les chiffres lui donnent raison : en Île-de-France, à la fin octobre, le taux de réussite moyen est de 34% pour ces épreuves écrites (il chute à 20% après l’épreuve pratique).

"Le taux de réussite est très variable d’un département à l’autre, d’une session à l’autre", répond le ministère des Transports, tandis que la Fédération générale des transports CFDT affirme : "Quand on prépare sérieusement l’examen, il est faisable. Tous les conducteurs que nous avons accompagnés pour préparer ce concours l’ont obtenu."


La France, en tout cas, a mis la barre très haut, si l’on se fie à l’étude du Boston Consulting Group commandée par Uber, selon laquelle "l’examen VTC est plus sélectif, couvre plus de thématiques, et prend plus longtemps que les modèles similaires à l’international. Le coût temporel, le coût financier et la difficulté des épreuves découragent des candidats motivés." Le mieux pour vous faire un avis, si vous êtes intéressé, est encore de tenter votre chance : il reste des places pour la session du 19 décembre, et 9.000 seront à pourvoir dans celles prévues en 2018.

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