Seuls 10% des logements neufs accessibles aux personnes handicapées ? La secrétaire d'Etat Sophie Cluzel calme le jeu

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LOGEMENT - L'article de la loi Elan qui fait passer à 10% la part de logements neufs obligatoirement accessibles aux personnes à mobilité réduite n'est pas "un retour en arrière", se défend la ministre, qui assure que tous devront être "évolutifs", une notion qui sera "précisée par décret".

Sophie Cluzel monte au créneau pour calmer la polémique. Interrogée sur le tollé suscité par un article de la loi sur le Logement, qui fait passer de 100% à 10% la proportion de logements accessibles dans les constructions neuves, la secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées se veut rassurante : "Ce n’est pas une régression sociale, c’est une avancée. Toutes les parties communes restent et resteront accessibles aux personnes handicapées et l’accessibilité de l’extérieur jusque dans les appartements est maintenue", assure Sophie Cluzel à LCI.


"Les 90% restants seront évolutifs". Une notion qui sera précisée dans un décret. "Un texte est à l’écriture pour définir ce que veut dire 'évolutif'", assure-t-on au cabinet de la ministre. Le décret précisera par exemple où doivent se trouver les tuyaux de canalisation pour permettre de décaler une cloison.

Une grave régression sociale ?

Malgré des critiques de la droite et de la gauche, l'Assemblée nationale a voté ce vendredi soir cet article, suscitant plusieurs réactions indignées de personnes handicapées, notamment sur Twitter. Fin mars, une dizaine d'associations s'étaient inquiétées de cette disposition qui va "à l'encontre des besoins, quantitatifs et qualitatifs des personnes en situation de handicap et des personnes âgées".


Cela équivaut à "l'introduction de quotas de logement, discriminatoires, en contradiction avec le droit des personnes à choisir librement leur lieu de vie", expliquaient-elles dans un communiqué, s'inquiétant d'une "grave régression sociale". Elle n'était d'ailleurs que l'aboutissement d'une sortie d'Emmanuel Macron, qui en septembre 2017 avait annoncé la couleur en promettant, en matière de logement, "plus de logements et moins de normes".

Construire plus viteSophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées

Plusieurs questions se posent toutefois. Qui paiera les travaux en cas d'évolution ? "Dans le logement social, ce sont les bailleurs, assure la secrétaire d'Etat. Dans le logement privé, ce sont les propriétaires". Le cabinet de la ministre précise que des aides seront disponibles : le crédit d'impôt jusqu'à hauteur de 25% et des financements de l'Agence nationale de l'habitat.


Et quel est le but de cet article de loi ? "Pouvoir construire plus vite car les personnes handicapées sont comme les autres et ont besoin de logement", estime Sophie Cluzel. 


Et de conclure : "Le défi de la société inclusive dans l’habitat porte beaucoup sur l’action à mener sur le parc de logements existants". "Le neuf ne représente que 1% du stock annuel de logement."

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