"Revenge porn" : la police nationale supprime un tweet polémique après un tollé sur les réseaux sociaux

"Revenge porn" : la police nationale supprime un tweet polémique après un tollé sur les réseaux sociaux

CTRL+Z - La police nationale a supprimé ce samedi, après un début de polémique, un tweet destiné à sensibiliser au risque du revenge porn. Elle était accusée de faire culpabiliser les victimes.

La police nationale a cru bien faire, mais s'est retrouvée au centre d'une polémique. Confrontée à de vives critiques, elle a "choisi" ce samedi de supprimer l'un de ses tweets, initialement destiné à prévenir les jeunes du danger de partager des photos dénudées, notamment par sms ou messages privés.

Un peu plus tôt dans la journée, sur son compte Twitter, la police nationale avait posté un dessin montrant deux adolescents, le téléphone à la main, échangeant une photo de nu, avec le texte suivant: "Il a bien reçu ton nude. Tes amis, tes parents, tes camarades de classe, tes cousins, tes professeurs, tes voisins, ton boulanger, ton ex-petit ami, ton facteur, tes grands-parents, ta nièce aussi...". Et une mise en garde: "Envoyer un nude, c'est accepter de prendre le risque de voir cette photo partagée".

Ce tweet a aussitôt suscité moult commentaires, les uns y voyant une volonté de la police de "rejeter la faute sur les victimes", quand d'autres ont jugé "la tournure maladroite mais pas illégitime". "Comment la police nationale lutte-t-elle contre le revenge porn ? En s'adressant aux coupables potentiels en rappelant l'illégalité de la chose et les peines encourues ? Eh non ! En culpabilisant les victimes, systématiquement cibles de leur communication sur le sujet", regrette par exemple un utilisateur du réseau social.

"La police nationale continue de créer des campagnes culpabilisant les victimes de revenge porn. Et on est censé se sentir en sécurité pour aller porter plainte", regrette une autre.

Nous ne portons jamais l'idée que les victimes pourraient être responsables de la situation qu'elles subissent.- Police nationale

Interrogée par l'AFP, la police nationale a répondu: "Nous ne portons jamais l'idée que les victimes pourraient être responsables de la situation qu'elles subissent". "Ce tweet, a-t-on ajouté, était donc une maladresse que nous avons choisi de corriger en le supprimant."

La publication devait faire partie d'une série consacrée aux dangers de partager de telles photos. Celle-ci devait s'achever par les sanctions encourues en cas d'utilisation délictueuse et/ou malveillante. "La police nationale, a-t-on fait valoir également, agit pour identifier et confondre les auteurs des infractions. Elle est également mobilisée dans des actions de prévention qui s'adressent au plus grand nombre possible".

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Le revenge porn est un délit passible de deux ans de prison et 60.000 euro d’amende, selon l'article 226-2-1 du code pénal. Si vous en êtes victime, un numéro d'écoute a été mis en place : 0800.200.000. Il est également possible de faire un signalement ici.

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