Shampooing, déodorant, rasoir : les femmes paient-elles plus cher que les hommes ?

SOCIÉTÉ
FRANCE - Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a lancé lundi une enquête pour vérifier les inégalités hommes-femmes dans les produits de consommation. Le collectif Georgette Sand dénonce depuis plusieurs semaines ce qu'il considère comme une taxe déguisée.

Les Françaises payent-elles des biens de consommation plus chers pour la simple raison qu'elles sont des femmes ? C'est ce que Le Parisien affirme lundi dans ses colonnes : shampooing, déodorant, rasoir... Selon le quotidien, certains produits sont plus chers lorsqu'ils sont destinés aux femmes. Pour le vérifier, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a décidé lundi de lancer une enquête sur "un certain nombre de produits parmi ceux visés par le collectif Georgette Sand", indique le ministère à metronews.

Dans le détail, ces produits, ce sont les rasoirs jetables à 1,72 euros pour les hommes (le lot de dix) contre 1,80 euros pour les femmes (le lot de cinq) chez l'enseigne Monoprix. Ou encore les gels à raser à 2,34 euros "pour lui" et à 2,61 euros "pour elle" proposés chez Casino. Autant d'exemples compilés sur le tumblr Woman tax lancé par le collectif féministe Georgette Sand , qui parle de "taxe rose" . Une pétition intitulée " Stop aux produits plus chers pour les femmes " a également été lancée contre Monoprix - près de 20.000 signatures ont été recueillies à ce jour.

"J'y pense en me rasant"

La secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, Pascale Boistard, a réagi en publiant sur Twitter une photo comparant les prix de ces fameux lots de rasoirs, accompagnée du message : "Moi aussi j'y pense en me rasant". En réponse, Monoprix a indiqué dans les commentaires de la pétition que pour les produits visés, "les références pour les hommes présentent des volumes de vente largement supérieurs aux modèles pour femmes, permettant ainsi un prix d’achat inférieurs. De plus, la composition du modèle femme induit un surcoût de fabrication".

Qu'en est-il des hommes : payent-ils eux aussi plus chers certains produits ? C'est ce que soutient l'enseigne, citant les "déodorants aérosol Monoprix à 2,06 euros pour les références pour homme et 1,88 euros pour les référence pour femme", ou encore les gels douche "à 1,60 euros pour les références pour femme et 1,76 euros pour les références pour homme". L'enquête lancée par le ministère de l'Economie et menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (Dgccrf) permettra sans doute d'y voir plus clair.

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