"Si l'école faisait son travail, j'aurais du travail" : le ministre de l'Éducation exige le retrait du slogan du Medef

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POLÉMIQUE - La nouvelle campagne de communication de l'organisation patronale fait déjà grincer des dents dans la communauté enseignante. L'un des slogans utilisés intime en effet aux professeurs de "faire leur travail". Les syndicats et même le ministre de l'Éducation nationale se disent outrés.

C'est le slogan qui ne passe pas. Mais alors pas du tout. Ce mercredi 20 septembre, le Medef a publié dans un tweet, un "visuel". Un slogan visiblement là pour promouvoir le manifeste de l'organisation patronale concernant l'éducation et la formation. Sauf que le bad buzz est bel est bien là : "Si l'école faisait son travail, j'aurais du travail", peut-on en effet lire sur l'affiche.

En d'autres termes, une façon de faire porter le chapeau du chômage chez les jeunes à l'Education nationale. C'est la FSU qui a tiré la première sur le slogan. Elle a vivement protesté contre cette accroche publicitaire. D'autres syndicats d'enseignants se sont joints à elle. La FSU a découvert cette campagne "par hasard", quand ces bandeaux se sont affichés lors de consultations du site pagesjaunes.fr.  "Une campagne du MEDEF affiche son mépris pour le service public d’éducation, ses personnels et ses élèves en affirmant Si l’école faisait son travail, j’aurais du travail. C’est pourtant ce service public qui a permis la massification de l’accès aux études et l’élévation générale du niveau de qualification (...) La FSU  s’indigne que le MEDEF puisse tenir des propos aussi irresponsables et aussi insultants.", peut-on lire dans ce communiqué

De son côté, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, se dit "consterné par le slogan du Medef" et "demande un retrait immédiat" de ce slogan. Il remercie par ailleurs "ceux qui oeuvrent pour la réussite de nos élèves", écrit-il dans un tweet.  

Jack Lang, lui aussi, s'est indigné et a apporté son soutien aux enseignants. 

Interrogé par l'AFP, le Medef a rappelé pour sa part que la campagne actuelle avait pour principal slogan "Eduquer mieux, former toujours" et qu'elle était déclinée en plusieurs phrases (dont celle incriminée). "D'autres phrases vont maintenant apparaître", a indiqué le porte-parole. 

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