"Si 'la Nuit des Noirs' est maintenue, nous irons très probablement en justice" : un groupe de carnavaliers pris dans la polémique du "blackface"

"Si 'la Nuit des Noirs' est maintenue, nous irons très probablement en justice" : un groupe de carnavaliers pris dans la polémique du "blackface"

Société
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CARNAVAL - A Dunkerque, les membres du "groupe des noirs" sont pointés du doigt. En cause : leur pratique de le "blackface", jugée raciste. Selon nos informations, le collectif antinégrophobie, à l'origine de la polémique, envisage de faire appel à la justice si leur événement de "la Nuit des Noirs", prévu pour mars prochain, était maintenu.

Après la blackface d'Antoine Griezmann, c'est au tour d'un groupe de carnavaliers, à Dunkerque, de faire scandale. Sur Facebook, la brigade antinégrophobie, un groupe antiraciste, pointe du doigt l'organisation de la "Nuit des Noirs" dans une salle des fêtes de la ville. Dans leur viseur, un groupe de personnes, maquillage noir sur le visage, pagne autour de la taille et collier d'os autour du cou, qui se fait appeler "le groupe des Noirs". Et qui a donc prévu de fêter ses cinquante ans d'existence et sa participation historique au carnaval de Dunkerque, en mars prochain. 


Dans son post Facebook, le collectif rappelle que "[leur] couleur de peau n'est pas un déguisement et que le blackface", cette pratique qui consiste à se grimer en personne noire, "ressuscite les années les plus pâles de la négrophobie structurelle à l'origine de l'humiliation et de la mort de nombreux/ses noir·es." 

Il indique également sa volonté de "s'inviter à la fête" dans le cas où "la Nuit des Noirs" serait maintenue. En date du 19 décembre dernier, ce message a rapidement été partagé et massivement commenté. 

Nous n'incriminons pas le carnaval en lui-mêmeLollia Franco, collectif anti négrophobie

La participation au carnaval de Dunkerque du "groupe des Noirs" est-elle compromise, cette année ? La question fait débat. La brigade antinégrophobie, en tout cas, demande clairement l'annulation de l'évènement "La Nuit des Noirs" : "Nous ne pourrons pas être complices de notre humiliation", explique à LCI Lollia Franco, porte-parole, qui souhaite également temporiser : "Pour l'instant, disons qu'il y a un malentendu. Nous n'incriminons pas le carnaval en lui-même, nous n'avons jamais dit ou écrit que les personnes du 'groupe des noirs' étaient racistes. C'est la pratique du blackface qui est raciste. Néanmoins, si l'événement était maintenu, cela deviendrait problématique."

Et le porte-parole de tenir "la mairie de Dunkerque pour responsable du conflit, si conflit il y a" : "Le problème, c'est l'arbitrage, en l'occurrence la mairie, qui ne peut pas laisser toute une partie de la population se faire insulter de la sorte. Elle fait semblant de ne pas voir le problème en nous renvoyant dos à dos avec la population."

De nombreux appels au standard de la mairie

De son côté, la mairie de Dunkerque, sollicitée de nombreuses fois ce jeudi matin, n'a pas encore donné suite. Selon nos informations, elle reçoit de très nombreux appels sur son standard dédié aux dossiers administratifs, le numéro ayant été relayé à grande échelle sur les réseaux sociaux. 


Sur Twitter ou Facebook, d'ailleurs, la tension monte entre militants antiracites et défenseurs du carnaval de Dunkerque. Ces derniers nient tout racisme et mettent en avant "une tradition". Le collectif espère néanmoins que la situation pourra s'apaiser. Mais annonce à LCI sa volonté de faire appel à la justice si l'événement n'était pas annulé : "Plein de gens n'ont pas conscience que le blackface est raciste. Tant qu'on ne sait pas, on ne peut pas être tenu pour responsable. Mais maintenant, ils savent. Si 'la Nuit des Noirs' est maintenue, nous mènerons très probablement une action sur le terrain, ainsi qu'une action en justice" nous explique-t-on. 


Quant aux membres du "groupe des noirs" que nous avons sollicités ce jeudi matin, aucun n'est pour l'heure revenu vers nous. La Voix du Nord indique qu'ils préfèrent pour l'instant "rester discrets". Ils ont d'ailleurs supprimé la page Facebook de l'événement.  

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