Singes forcés à respirer des gaz diesel : ces autres animaux insoupçonnés des tests en laboratoire

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SOUFFRANCE ANIMALE – Si, conformément à l’idée reçue, la plupart des animaux subissant des tests en laboratoire sont les souris, les rats et autres rongeurs, les révélations du dit "Monkeygate" a mis en lumière des pratiques concernant des bêtes insoupçonnées. La France ne fait pas exception.

Difficile à concevoir. Des singes ont été utilisés pour tester les effets du gaz d'échappement de moteurs Volkswagen et d'autres constructeurs allemands. Le scandale, désormais appelé "Monkeygate" a provoqué une indignation planétaire et des sanctions au sein du groupe automobile. Il révèle pourtant une pratique pour le moins méconnue : les souris, rats , et autres rongeurs sont loin d'être les seuls animaux utilisés pour les tests en laboratoire.  Et la France ne fait pas exception. Dans l'Hexagone, plus de trente espèces différentes d’animaux sont mises à disposition des laboratoires, y compris des grands mammifères.

Sur les 1,9 millions d’animaux ayant servi à la science en 2015 (derniers chiffres communiqués par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche), plus d’un million (53%) étaient des souris. Venaient ensuite les poissons (23,3%), les rats (8,3%), les poules, poulets et autres oiseaux (5,9%), les lapins (5,7%) ou encore les cochons d’Inde (2,4%). Tous représentent l’écrasante majorité (98,6%) du total. 

Les espèces les plus insoupçonnées, ceux ayant été domestiqués par exemple, se trouvent dans la part la plus "marginale" de l’ensemble. Mais pas de quoi atténuer l’effet choc. Car les chiffres restent très importants : ainsi, plus de 12.200 cochons (0,64%), 3400 moutons (0,18%), 3200 chiens (0,17%), 2200 bovins (0,12%), mais aussi 400 chèvres (0,02%), 300 chats (0,02%) ou 150 furets (0,01%) sont passés par la case labo cette année-là. Du côté des primates, aucun grand singe – la législation l’interdit – mais plusieurs émissaires, dont le macaque crabier (2700 individus, 0,14% du total), de loin le plus utilisé. 

Les effectifs du macaque crabier ont d’ailleurs plus que triplé (+226%) par rapport à 2014 – année où 1,7 millions d’animaux au total avaient contribué à la recherche - passant de 845 à 2700, donc.  À ses côtés, au classement des plus fortes hausses en un an, peuvent aussi être cités les vervets - un autre type de singe (de 17 à 56, soit +300%), mais aussi les moutons (de 1900 à 3400, soit +78%), les chevaux, les ânes et leurs croisements (de 350 à 620, soit +75%) ou, de nouveau, les cochons (de 8300 à 12200, soit +46%). 


Mais que les défenseurs de la cause animale se rassurent (un peu) : certaines espèces sont, à l’inverse, nettement moins exploitées. C’est notamment le cas des poissons (de 530.000 à 420.000, soit -23,4%), des chats (de 1600 à 750, soit -46,6%) ou les babouins (de 149 à 19, soit -87%). 

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