Polémique sur le burkini : la commune de Sisco ne reconduit pas son arrêté d'interdiction controversé

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La polémique autour du burkini

DÉCISION - L’arrêté anti-burkini pris en août 2016 par la municipalité de Sisco, en Haute-Corse, à la suite d’une violente altercation, ne sera pas reconduit cet été.

"Le conseil municipal a décidé à l’unanimité jeudi soir de ne pas reconduire l’arrêté dans un esprit d’apaisement et de "réconciliation"". Ange-Pierre Vivoni, maire du village de Sisco, a mis fin à la question du port du burkini sur les plages de sa commune de Haute-Corse. L’arrêté tant décrié interdisant le port de la tunique de bain intégrale islamique ne sera pas en vigueur cet été.

"Mais nous avons décidé de rester vigilants et réactifs", précise le maire. "Nous avons peur d’une provocation, quelle qu’elle soit, les réactions seraient vives". Aussi, l’édile et son conseil ont malgré tout préparé un arrêté, gardé à proximité de stylo. "S’il se passe quelque chose, il sera pris immédiatement, je n’aurai qu’à le signer sans avoir besoin de réunir le conseil municipal", prévient-il à l’AFP. "Nous ne voulons pas revivre ce qui s’est passé l’été dernier".

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L'affaire avait ravivé les tensions sur l'île

L’arrêté pris le 16 août 2016 - entériné une première fois par le tribunal administratif de Bastia puis une seconde fois par la cour administrative d’appel de Marseille suite à une contestation en appel de la Ligue des Droits de l’Homme – et valide jusqu’au 30 août de la même année avait été adopté après une violente altercation sur une plage du village. Des membres d’une famille d’origine marocaine et des villageois s’étaient affrontés à propos du port du burkini par certaines femmes.

Cette affaire avait ravivé les tensions sur l’île, quelques mois après l’agression de pompiers dans un quartier populaire d’Ajaccio, le soir de Noël 2015. Une manifestation avait alors dérapé, avec slogans racistes et saccage d’une salle de prière musulmane.

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5 peines de prison dont une ferme pour la rixe

Lors d’un premier procès en septembre 2016, Mustapha Benhaddou, l’un des frères de la famille marocaine, déjà condamné à de multiples reprises et présenté comme le déclencheur de la rixe, a été condamné à deux ans de prison ferme, dont il a fait appel. Abdellilah et Jamal ont reçu six mois d’emprisonnement avec sursis. Deux mois de prison avec sursis ont été requis en juin contre le quatrième frère, Houcine.

Parmi les villageois, le boulanger Lucien Straboni, condamné auparavant pour extorsion, et Pierre Baldi, employé municipal, ont été condamné respectivement à un an et huit mois avec sursis.

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