Sites anti-avortement : "ivg.net" porte plainte contre l'élue LR Aurore Bergé

Sites anti-avortement : "ivg.net" porte plainte contre l'élue LR Aurore Bergé

Société
DirectLCI
CONTRECOUPS - Le site "ivg.net" qui, sous couvert d'informations neutres, est soupçonné de chercher à détourner les femmes de l'avortement, annonce avoir déposé plainte contre l'élue Les Républicains Aurore Bergé pour "diffamation". En début de semaine, celle-ci avait rendu public son appel pour révéler les pratiques de la plateforme.

Il est depuis quelques jours au centre de toutes les attentions. Le site "Ivg.net", soupçonné de vouloir détourner les femmes de l'avortement sous l'apparence d'une plateforme d'information objective, annonce avoir déposé une plainte auprès du procureur de Versailles "pour diffamation par voie de presse" contre Aurore Bergé, élue Les Républicains à Magny-les-Hameaux (Yvelines).


La raison de la colère ? Un appel passé par Aurore Bergé à la plateforme téléphonique du site afin de juger de ses méthodes, décriées depuis un moment déjà. Son verdict, sans appel, a ensuite été publié sur Facebook, puis repris dans la presse. "J'ai dû dire dix fois dans la conversation que ma décision était prise. (...) Etre contre l'IVG est une opinion. Entraver volontairement le droit à l'information des femmes est une atteinte à leurs droits."

Lire aussi

"Une élue qui dénote dans notre famille politique"

Contactée par LCI ce vendredi matin, Marie Philippe, directrice de la publication d'"ivg.net" et de sa plateforme téléphonique, s'indigne des "procédés déloyaux et indignes d'une élue" pour "(les) piéger".  "Renseignements pris auprès de l'écoutante, cette femme n'a fait qu'un procès à charge et n'a voulu prendre et comprendre que ce qui lui permettait de s'indigner" précise-t-elle. Dans sa plainte adressée au procureur ce vendredi 2 décembre et que LCI s'est procurée, Marie Philippe souligne encore : "Affirmer que nous faisons de l'entrave à l'information à l'IVG revient à dire que nous avons fait au téléphone dans cet entretien un acte illégal et délictuel. Ce qui est parfaitement faux!"


Par ailleurs, elle ajoute par voie de communiqué : "Entre-temps, nous pensons qu'il serait opportun de prendre des sanctions à l'encontre de cette militante qui dénote singulièrement dans notre famille politique" -Marie Philippe affirme en effet "bien connaître" quelques personnalités de droite, parmi lesquelles Gérard Larcher, Jean-Frédéric Poisson, Christine Boutin et Valérie Pécresse.

"Qu'ils assument"

De son côté, Aurore Bergé, jointe ce vendredi midi, maintient son point de vue : "Tous les propos que j'ai rapportés sont exacts. J'invite celles et ceux qui le souhaitent à procéder au même test. Les conclusions seront malheureusement les mêmes. Ce site avance masqué, cachant ses intentions militantes anti-IVG et jouant sur la vulnérabilité des jeunes femmes et femmes qui les contactent. Qu'ils assument."


Cette action en justice intervient alors que les députés ont voté, jeudi 1er décembre, la proposition de loi visant à étendre le délit d'entrave numérique à l'interruption volontaire de grossesse. "ivg.net" est particulièrement dans le viseur de ce texte qui, s'il était adopté au Sénat, ouvrirait la voie à des sanctions pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende. 

Lire aussi

En vidéo

Délit d'entrave à l'IVG : les évêques opposés au délit d'entrave souhaité par le gouvernement

En vidéo

IVG : altercation en pleine commission des affaires sociales

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter