Sites de rencontre : les dragueurs du Web percés à nu

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INTERNET- Huit entreprises propriétaires de 13 sites de rencontre dont "Meetic" ou "Attractive World" ont été mises en demeure mardi par la CNIL de modifier leur pratique concernant notamment le recueil d'informations sensibles sur leurs clients.

Vous recherchez l'âme sœur ? Vous êtes adepte des sites de rencontre ? Soyez vigilants. La Commission nationale de l'informatique a mis en demeure huit entreprises dont "Meetic" ou "Attractive World".

Le gendarme d'Internet leur demande de modifier leur pratique concernant notamment le recueil d'informations sensibles sur leurs clients. Parmi les 13 sites épinglés figurent notamment "Adopte un mec", "Easyflirt", "Rencontre obèse", Destidyll", "Forcegay", "Mektoube" "Jdream" "Feujworld", "Marmite love", "Gauche rencontre" et "Celibest".

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Ce sont en moyenne, huit manquements à la loi informatique et liberté qui ont été constatés. Tout d'abord l'extrême sensibilité des informations fournies par les utilisateurs. "La plupart des sites proposent une recherche de partenaires très ciblée, par communauté sociale, ethnique ou religieuse, par localisation géographique, en fonction de l'appartenance physique, des pratiques sexuelles ou des opinions politiques", explique la CNIL

Or, souligne la commission, "ces sites ne recueillent pas le consentement exprès des personnes pour la collecte de données sensibles". Elle demande aux aux sites la mise en place d'une "case à cocher permettant aux internautes de se rendre compte de "la sensibilité des données qu'ils renseignent".

Des données jamais effacées

Parmi les autres griefs, l'organisme reproche aux entreprises de ne pas procéder "à la suppression des données des membres ayant demandé leur désinscription ou ayant cessé d'utiliser leur compte depuis une longue durée" ou de mettre en oeuvre des fichiers pour exclure des personnes du service sans lui avoir demandé auparavant l'autorisation. Elle les accuse enfin "de ne pas informer correctement les internautes de leurs droits ainsi que des conditions dans lesquelles des cookies sont déposées sur leur ordinateur". Les sociétés ont désormais trois mois pour se conformer aux exigences de la CNIL. Par ailleurs, une fiche pratique à destination de leurs clients pour les aider à mieux protéger leur intimité est est mise en place.

Gare au piratage

Du côté des sites en questions, la réponse n'a pas tardé. "La sécurité de nos donnée a toujours été une de nos préoccupations principales", a  réagi Alexandre Lubot, directeur général du groupe Meetic pour qui ces recommandations relèvent plus "du perfectionnement que du manquement". "On est confiant sur la qualité de notre dispositif et l'on a toujours respecté nos client mais on va bien sûr entamer un dialogue avec la CNIL pour perfectionner encore notre service".

La drague sur Internet n'est donc pas à prendre à la légère. Des Américains inscrits sur le site de rencontres adultères Ashley Madison en ont fait l'amère expérience. Ce site a en effet subi un piratage ayant conduit en juillet à la révélation de l'identité et des fantasmes de ses 37 millions d'abonnés.

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