Sivens : les proches de Rémi Fraisse racontent ses dernières heures

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ENQUÊTE - Le site d'information Reporterre a publié mercredi un témoignage exclusif d'amis et de proches de Rémi Fraisse, qui racontent le déroulement de cette funeste nuit de samedi à dimanche au barrage de Sivens. Le jeune homme de 21 ans, arrivé là un peu par hasard, a été littéralement aspiré par les événements.

Que faisait Rémi Fraisse, étudiant botaniste de 21 ans au tempérament pacifique, "doux" et pas vraiment militant, ce samedi soir sur le théâtre d'un violent affrontement entre manifestants et gendarmes au barrage de Sivens ? Alors qu'une enquête doit déterminer les responsabilités dans la mort du jeune homme, probablement tué par une grenade explosive des forces de l'ordre, des proches livrent mercredi au site d'information Reporterre leurs versions de cette nuit funeste.

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Ni militant ni activiste
Un récit qui laisse entrevoir un enchaînement d'événements qui n'ont pas laissé au jeune homme le temps de comprendre où il mettait les pieds. Rémi est venu à Sivens le samedi 25 octobre "presque par hasard", affirment ses proches. "Ce n'était pas un militant, encore moins un activiste." Mais le jeune homme "se sentait concerné par ce combat". Son amie Anna raconte qu'ils sont arrivés sur place vers 16 heures. "On voyait déjà au loin de la fumée. Mais des personnes nous ont rassurés en nous disant que tous ces événements se déroulaient de l'autre côté de la zone, à 2 kilomètres." Dans l'après-midi, l'étudiant avait encore défendu "la non-violence" face aux occupants de la zone.

"Allez, faut y aller !"
La petite équipée est plutôt "joyeuse". Sur fond d'explosions au loin, le groupe d'amis discute près des chapiteaux. Rémi bavarde avec "plein de gens", chante des chansons. La soirée est festive. Jusqu'à deux heures moins le quart. "Des amis sont allés plus loin voir ce qui se passait", racontent les proches. Les explosions les impressionnent. Rémi, qui "avait un peu bu dans la soirée, mais n'était pas ivre", n'est pas habitué à ce type d'affrontements. D'un coup, il part en criant à ses amis "Allez, faut y aller !", racontent ses proches à Reporterre.

"Cesser le harcèlement de la famille"
Le jeune homme s'élance sans casque, sans protection, alors que "les flics tirent en rafale". Ses amis le perdent de vue. Ils ne le reverront pas. Ce n'est que le lendemain, vers 10 heures, qu'ils apprendront que son corps a été retrouvé. Les proches déplorent auprès de Reporterre que Rémi soit "très vite devenu un instrument médiatique et politique". Ils demandent aux médias de "cesser le harcèlement autour de la famille et des proches" et réclament que "toute la lumière soit faite sur les causes exactes de sa mort".

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