Sivens : un an après la mort de Rémi Fraisse, où en sont l'enquête et le projet de barrage ?

Sivens : un an après la mort de Rémi Fraisse, où en sont l'enquête et le projet de barrage ?

TARN – Il y a un an, Rémi Fraisse était tué par une grenade lacrymogène lancée par un gendarme. En cette date anniversaire, des commémorations lui rendent hommage. L'occasion pour metronews de faire le point sur l'enquête et sur le projet de barrage de Sivens.

Rémi Fraisse, jeune militant écologiste, a été tué le 26 octobre 2014 par une grenade offensive lancée par un gendarme, alors que les protestations contre un projet de construction d'un barrage à Sivens débordaient en échauffourées avec les forces de l'ordre. Un an après, la polémique est toujours aussi vive. En cette date anniversaire, des rassemblements commémorent dimanche le souvenir d'un militant disparu. L'occasion de faire le point sur l'enquête et le projet de barrage.

  • L'enquête : des éléments contradictoires

La commission rogatoire de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), qui s'est vue confier l'enquête concernant une "violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner", avance que la réponse policière était une riposte justifiée "à des violences incessantes", et que les précautions nécessaires avaient été prises pour éviter un drame. Toutefois, des éléments viennent contredire ces affirmations, à commencer par le rapport présenté vendredi par la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), dans lequel l'ONG assure que les manifestants n'avaient pas de matériel "de nature à mettre sérieusement en danger les forces de l'ordre". L'enquête judiciaire aurait de fortes probabilités d'aboutir à un non-lieu. Pour l'heure, aucune mise en examen ou reconstitution n'a été effectuée.

La famille de Rémi Fraisse a pour sa part dénoncé une enquête qui manque d'objectivité concernant un confrère, et "une stratégie pour faire passer (Rémi Fraisse) pour un casseur". Le corps du jeune homme n'a pas été incinéré ni enterré "parce qu'il peut y avoir des expertises supplémentaires", a déclaré Véronique Fraisse au micro de France Info . Sidérée, la famille de Rémi Fraisse a écrit une tribune dans Le Monde  : "Nous voulons comprendre comment des commandants de gendarmerie ont pu donner l’ordre d’user de ces armes, alors que leur métier est de circonscrire la violence."

EN SAVOIR + >> La LDH enfonce les gendarmes, malgré une enquête indulgente

  • Commémorations et protestations

De nombreuses organisations ont souhaité manifester dimanche 25 octobre pour rendre hommage à Rémi Fraisse. Une marche était prévue à Sivens, mais des agriculteurs ont souhaité se mobiliser le même jour pour s'exprimer en faveur du barrage, explique Le Figaro , ce qui a conduit la commune de Lisle-sur-Tarn - où se trouve le site de Sivens - à interdire toute manifestation, pour éviter des troubles à l'ordre public. La préfecture a indiqué que des mesures préventives étaient également en vigueur à Sivens : "Il vaut mieux guérir que prévenir."

Les proches de Rémi Fraisse, des organisations et des associations se réunissent donc dimanche dans le Tarn et en Haute-Garonne pour lui rendre hommage. Dans la nuit de lundi à mardi, une sculpture représentant une main tenant la Terre a été dressée sur le site du drame, par un collectif baptisé "La pelle masquée". Vendredi, ce sont près de 250 personnes qui ont manifesté contre les armes policières, devant une usine de fabrication de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc utilisées par les forces de l'ordre, à Pont-de-Buis, dans le Finistère, pour rendre hommage au jeune écologiste.

  • Le barrage de Sivens : un projet en suspens

Le projet du barrage de Sivens, à l'origine des échauffourées entre manifestants et gendarmes cette nuit du 25 octobre 2014, est lui au point mort . Le 16 janvier, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal annonçait l'abandon du projet initial. Un autre projet de barrage, deux fois plus petit, a été validé par le Conseil départemental du Tarn en mars. Mais avant de définir un projet d'aménagement du territoire, le Conseil département attend le règlement du protocole transactionnel de l'Etat, qui prévoit un dédommagement à hauteur de 4 millions d'euros, soient le remboursement des sommes dépensées par le Département pour les travaux déjà réalisés, le nettoyage du site et les opérations de maintien de l'ordre.


EN SAVOIR +
>> Sivens : le Conseil général vote pour un barrage plus petit

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