Ski à l’étranger : des mesures dissuasives qui ne passent pas

Ski à l’étranger : des mesures dissuasives qui ne passent pas

RÉACTIONS - En souhaitant punir les Français qui partiront skier à l’étranger pour Noël, Emmanuel Macron suscite de l’incompréhension, et notamment dans les stations franco-suisses.

C’est une nouvelle annonce pour les stations de ski qui ne passe pas, après celle de leur réouverture mais sans remontées mécaniques. Mardi 1er décembre, Emmanuel Macron a annoncé que des "mesures restrictives et dissuasives" seraient prises concernant les Français qui passeront la frontière pendant les vacances de Noël pour aller skier. En effet, faute de consensus européen sur la question, le président a décidé d’instaurer prochainement "des contrôles" visant à empêcher les Français de s’adonner aux joies du ski ailleurs et ainsi de protéger l’économie des stations françaises. En l'espèce, ces contrôles seront effectués par les préfets des départements limitrophes de manière aléatoire à la frontière, a précisé Jean Castex ce mercredi matin sur BFM. Concrètement, les personnes contrôlées devront subir un test ainsi qu'un "isolement de sept jours" après être allées skier à l'étranger. 

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Une décision "arbitrée" mais qui ne satisfait pas

Pourtant, cette nouvelle restriction, qui a été "arbitrée" selon un membre du gouvernement à l’AFP, est loin de faire l’unanimité au sein de la profession. "Le malheur des autres n’a jamais fait mon bonheur", s’est contenté de déclarer à l’agence de presse Alexandre Maulin, président de Domaines skiables de France (DSF), qui continue de demander la réouverture pleine et entière des stations. "C’est malvenu, la liberté de circuler, on l’enfreint encore une fois", estime sur LCI Nicolas Rubin, maire de Chatel, village de Haute-Savoie à cheval entre la France et la Suisse. L’élu ne comprend d’autant pas la mesure que faire ses courses de l’autre côté de la frontière est toléré aujourd’hui.

Côté suisse, l’annonce n’est pas bien reçue, non plus. "C’est dans un sens maintenant, ça pourrait être dans un autre sens à un autre moment", prévient Simon Wiget, directeur de l’office du tourisme de Verbier. "Que se passera-t-il en été, si cette situation perdure, et que les Suisses seraient empêchés d’aller sur les plages ? Je ne crois pas que c’est une solution très constructive."

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Selon l'OMS, "le risque, ce n’est pas la pratique du ski en soi", mais bien les rencontres engendrées par cette activité. "Les vrais problèmes se poseront dans les aéroports, dans les bus qui emmènent les gens dans les stations de ski, dans les remontées mécaniques et dans les lieux de rassemblement des skieurs." C’est aussi l’une des raisons invoquées par le président pour en venir à dissuader les skieurs. "On sait que c’est comme cela qu’on s’infecte et donc on cherche plutôt à l’éviter" pour "ne pas sacrifier tous les efforts qu’on a faits", a avancé Emmanuel Macron, qualifiant les stations de ski de "lieux de brassage". On se souvient, aux prémices de l'épidémie en Europe, du cluster apparu dans la station de ski Les Contamines-Montjoie.

Ceci étant, le secteur de la montagne ne se satisfait pas d'une simple interdiction de la concurrence et continue de protester contre la fermeture des remontées mécaniques et de son incidence sur son activité. Des professionnels et élus ont prévu de se rassembler ce mercredi matin dans les stations de Bourg d’Oisans, en Isère, et de Bourg-Saint-Maurice, en Savoie.

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