Pourquoi les dangers de la montagne n'arrêtent-ils pas les skieurs hors-piste ?

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RISQUES – Après un week-end meurtrier dans les stations françaises à cause des avalanches, le ski hors-piste se retrouve tristement mis en lumière. Pourquoi autant de skieurs s’adonnent-ils à cette pratique dangereuse ? Faut-il mieux l’encadrer ? Comment accroître la sécurité de ses adeptes ? Éléments de réponse avec un guide de haute-montagne.

Un plaisir intense à portée de skis. De l’adrénaline à la sensation de liberté en passant par le luxe de laisser sa trace dans la neige : beaucoup vous le diront, en matière de montagne, rien ou presque ne vaut le hors-piste ou le ski de randonnée. Sans parler de la beauté préservée des paysages traversés, ces pratiques et leurs spécificités semblent tenter toujours plus de monde. Parfois pour le pire. De fait, après un week-end des 3 et 4 mars particulièrement meurtrier dans les stations françaises - au moins neuf personnes tuées - en raison de multiples avalanches, le ski hors-piste et le ski de randonnée, qui se partagent équitablement quatre accidents mortels sur cinq, se retrouvent (à nouveau) tristement mis en lumière. 

Ce lourd bilan pose plusieurs questions : pourquoi autant de skieurs s’adonnent-ils à ces activités pourtant dangereuses ? Faut-il mieux les encadrer voire les proscrire en partie ? Comment améliorer la sécurité de leurs adeptes ? Une certitude : devenu au fil des années un argument de vente pour les séjours en montagne, le hors-piste fascine et attire autant qu’il comporte des risques. "Le skieur hors-piste est un artiste (sic) qui, d’un coup de spatules, dessine une courbe éphémère", estime ainsi sur son site le Syndicat national des guides de montagne (SNGM) pour qui "l'activité n’est pas réservée qu'aux skieurs de l’extrême". Et d’ajouter : "Les skis modernes ont permis à chaque pratiquant de faire de gros progrès techniques."

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Le stash : du hors-piste en toute sécurité

Prudence et équipement, atouts-maîtres de la sécurité

"Avec le nouveau matériel, les skis bi-spatulés, les avancées techniques, on est vraiment à l'aise n'importe où", explique Loïc, skieur et snowboarder hors-piste chevronné - il préfère le terme de "freerider" - originaire d'Annecy. Âgé de 30 ans, le jeune homme confie ne jamais se trouver, ou très rarement, sur les secteurs balisés. La raison peut surprendre. "D'abord, il n'y a rien de mieux que de faire sa propre trace, dans de la neige toute fraîche, rien que pour toi", commence-t-il. "Mais le vrai bonheur, c'est d'être loin de la foule, là où papy, mamy, les gosses et la famille ne vont pas. Ça évite les accidents entre les casse-cous et ceux qui n'ont pas le niveau suffisant. Tout le monde est content. C'est parfait." Sûr de lui, est-il cependant conscient de la menace que peuvent représenter ces aventures en pleine nature ? "Le risque fait partie 'du métier'", reprend-t-il. "Si tu connais la montagne, tu sais mieux comment l'appréhender et limiter le danger."


Gare toutefois à l’excès de confiance, même si l’amélioration du matériel paraît, en effet, avoir permis de réduire la récurrence des accidents. Relevant que "le chiffre moyen d'une trentaine de décès reste stable", le site spécialisé Skipass note que "le nombre de pratiquants du ski hors-piste et du ski de randonnée augmente fortement, particulièrement depuis le début des années 2000". Si la pratique s’est démocratisée, comme nous l’ont confirmé les guides de Chamonix, elle nécessite cependant plus que jamais le respect de certaines règles de sécurité - d'ailleurs rappelées et détaillées à intervalles réguliers par le ministère de l'Intérieur (voir le tweet ci-dessous) - simples et basiques. En première ligne au contact des vacanciers, guides et pisteurs sont sur le qui-vive pour limiter le risque et le danger au maximum grâce à quelques précieux conseils. 

Outre l’impérative prise en compte de la météo, il est notamment déterminant de ne pas s'aventurer seul sur les pentes, quel que soit votre niveau. Tout accident, même minime, pourrait dès lors avoir des conséquences dramatiques. Il est également préférable de skier plus lentement, un par un, en scrutant attentivement le terrain, mais aussi de s'équiper convenablement, comme le souligne l’Association nationale pour l’étude de la neige et des avalanches (Anena). Hormis l’inévitable détecteur de victimes d'avalanches (DVA), il est recommandé de se munir d’une pelle, d’une sonde ainsi que d’un casque. Alors que le risque d’avalanches était compris, ce lundi, entre 3 et 4 sur une échelle de 5 sur la plupart des massifs de l’Hexagone, les guides insistent : le respect de ces consignes est indispensable pour que le hors-piste reste un plaisir à portée de skis. 

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