"Smovengo a osé !" : après leur grève, les salariés du nouveau Vélib' reçoivent des lettres de licenciement

"Smovengo a osé !" : après leur grève, les salariés du nouveau Vélib' reçoivent des lettres de licenciement

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SOCIAL - L’opérateur reproche à ses salariés en grève l’illégalité de leur mouvement de grève. Les salariés contestent et demandent le soutien de la Ville de Paris, dans ce qu'ils qualifient de "faillite industrielle et sociale". Smovengo indique simplement "respecter à la lettre les règles et les lois".

"Nous sommes "enfin" licenciés ! ! Une décision scandaleuse et illégale !" C’est par un communiqué que les agents Vélib se sont exprimés, dimanche, pour indiquer que les premiers d’entre eux avaient reçu des lettres de licenciement pour "fait de grève".


'Enfin' licenciés, écrivent les agents, car la menace planait depuis quelques jours : les agents en grève, une quarantaine, avaient reçu des lettres de convocation pour des entretiens préalables début juin, procédure qui ouvre la voie à une possible procédure de licenciement. 

En grève depuis la mi-avril contre leurs conditions de travail, les salariés indiquent s’être heurtés, à chaque fois, à un dialogue social totalement bloqué. "Smovengo a refusé toute négociation puis médiation", indique le communiqué. "Smovengo vient de franchir une nouvelle étape dans sa politique du pire : plusieurs salariés ont reçu une lettre de licenciement".  Contactée par l'AFP, Smovengo a indiqué qu'elle ne "commentait pas les décisions qu’elle prendrait à titre individuel" à l'égard de ses salariés. "Smovengo respecte à la lettre les règles et les lois", ajoute un communiqué. 


Depuis le début, les salariés en grève répètent leur volonté de dialoguer. Mais depuis le début aussi, Smovengo répond par la voie judiciaire. La société avait ainsi assigné les salariés grévistes au tribunal sur la légalité de la grève. Le tribunal a rendu son jugement, que les deux camps ont interprété différemment : pour les salariés, le tribunal avait reconnu la grève mais ne l’interdisait pas, rien ne leur étant notifié ; pour Smovengo, elle était illégale car les salariés n’avaient pas déposé de préavis cinq jours avant, comme l’exige le service public (et ce même si Smovengo, délégataire d'un service public, est une entreprise privée), cela signifiait donc que le travail devait être repris. Les salariés dénonçaient leurs conditions de travail, pointant des bugs techniques et des manquements au niveau du matériel ou de l'organisation, comme résumé dans une lettre de la CGT ci-dessous.

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Les salariés déplorent donc cette "faillite sociale", qui vient s’ajouter à la "faillite industrielle" du nouveau Vélib, qui a pris d’énormes retards dans le déploiement du matériel, qui souffre par ailleurs de problèmes techniques. "L’exécutif parisien et la présidente du syndicat mixte Autolib Vélib ont non seulement refusé de recevoir les grévistes, mais ont repris les arguments fallacieux de Smovengo sur le caractère prétendument illicite de la grève... " 


 Les agents ont cependant reçu le soutien de plusieurs élus ou groupes politiques comme Maud Gatel (UDI-Modem) ou Jérôme Dubus (pro-Macron, ex-LR).

Les agents devaient faire le point ce lundi sur la situation et leur riposte à venir. 

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